Assurance chômage: les syndicats sur la même ligne face au patronat

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Les syndicats ont affiché un front uni contre le patronat lundi soir à l'ouverture des négociations sur une nouvelle convention d'assurance chômage, refusant toute baisse des cotisations et portant de conserve une série de revendications en faveur des demandeurs d'emploi.

Les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC ainsi que trois organisations patronales -- Medef, CGPME, UPA -- se sont retrouvés lundi en fin d'après-midi au siège du Medef pour la première séance de négociations sur de nouvelles règles d'assurance chômage, l'actuelle convention arrivant à échéance le 31 mars.

Ils se sont mis d'accord sur un calendrier de négociations comprenant pour l'instant trois rendez-vous, fixés le 9 février ainsi que les 3 et 10 mars.

Le négociateur, du côté patronal, Patrick Bernasconi, a d'emblée prévenu que l'heure était aux économies pour l'Unedic, vu le déficit de l'organisation: "le régime ne peut pas prendre en charge de nouvelles dépenses mais plus encore, nous devrions envisager des mesures d'économies".

"On est un peu étonné d'apprendre qu'ils veulent faire des économies", a relevé Laurent Berger de la CFDT.

Le patronat, qui veut voir reconduite dans ses grandes lignes la convention de 2009, tient particulièrement à une de ses clauses, stipulant que les cotisations -- patronales et salariales -- baisseraient automatiquement en cas d'assainement des comptes de l'Unedic.

"L'automaticité est non négociable mais on peut regarder d'autres critères", notamment le montant de la dette cumulée, et non un apurement passager, semestriel comme initialement prévu.

"Il n'est pas question d'envisager la possibilité d'une baisse des cotisations tant que le déficit cumulé existe", a rétorqué Gabrielle Simon de la CFTC.

Pour Laurent Berger de la CFDT, "cette clause doit être réécrite pour intégrer le déficit cumulé".

FO n'est pas opposé "par principe" mais "on ne peut pas faire n'importe quoi": "il faut revenir un peu aux réalités économiques et financières, a déclaré Stéphane Lardy.

Maurad Rabhi (CGT) ne veut pas lui "que la baisse de la cotisation soit inscrite dans le marbre" de la convention.

Pour l'heure, l'Unedic est endettée de 11 milliards d'euros. Ce fardeau cependant devrait être réduit, fin 2014, à 6,7 milliards d'euros, selon des projections de l'assurance chômage.

Les syndicats convergent par ailleurs sur plusieurs points, comme les droits rechargeables permettant au chômeur de garder ses indemnités non utilisées pour une période de non emploi ultérieure. Une façon d'encourager à accepter un contrat, même risqué, intérim ou CDD.

Sur ce point, le patronat reste réservé et souhaite des études chiffrées de l'Unedic pour évaluer le coût et voir "si derrière, cela ne risque pas de faire déraper" le régime d'assurance chômage.

Pour sa part la CGC estime l'idée séduisante mais sa négociatrice Marie-Françoise Leflon estime qu'il sera "difficile de régler (cette question) en trois séances".

Les syndicats se retrouvent aussi pour revendiquer des cotisations patronales dégressives en fonction du type ou de la durée des contrats pour pénaliser les entreprises qui multiplient les contrats précaires.

"Nous ne sommes pas forcément d'accord avec cette vision là", a souligné M. Bernasconi.

Le Medef espère boucler ces grandes questions lors des deux prochaines séances et réserver la troisième aux conventions CTP-CRP réservées aux licenciés économiques et à leur accompagnement.