Bobigny: un homme répond du meurtre d'une nonagénaire, tuée de 62 coups de couteau

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La cour d'assises de Seine-Saint-Denis s'est penchée lundi sur le meurtre d'une femme de 96 ans tuée de 62 coups de couteau, à Saint-Ouen en août 2007, un acte de "sauvagerie" pour lequel comparaît un accusé décrit par un enquêteur comme "un type perdu".

Aziz Fathi, qui a reconnu les faits lors de l'enquête, est jugé depuis jeudi avec deux autres hommes pour trois vols commis à Saint-Ouen durant l'été 2007. Outre le meurtre de Jeanne Roland, il est également accusé d'avoir violé une femme lors de ces vols.

Jeanne Roland, a été présentée par les témoins comme "une gentille petite mamie", connue de tous dans son quartier proche des Puces de Saint-Ouen. Les policiers intervenus sur le lieu du crime ont décrit un acte de "sauvagerie", "un acharnement à coups de couteau".

C'est sa petite nièce, Véronique B., qui a découvert le corps de Mme Roland. Habitant au-dessus de la victime, elle lui rendait visite trois fois par jour. Mais le 13 août au soir, sa grand-tante n'a pas répondu lorsqu'elle a frappé à la porte. Elle a ensuite découvert la cuisine avec "plein de bordel", puis a vu un bras sortir d'un tas de linge jeté sur le lit.

"La victime, âgée de 96 ans, n'était pas très grande et ne pesait pas grand chose", a décrit à la barre un policier de la brigade criminelle. Elle portait 62 plaies sur tout le corps et notamment deux ouvertures béantes au cou. L'arme du crime, qui n'a pas été retrouvée, pourrait être un couteau de cuisine, a-t-il expliqué.

Les policiers ont remonté la piste jusqu'à la découverte chez Aziz Fathi de bijoux appartenant à Mme Roland. Ils enquêtaient alors sur le viol d'une femme dont l'appartement avait été cambriolé puis incendié 15 jours plus tôt.

Il a reconnu le meurtre lors de l'instruction, affirmant avoir agi sous l'effet de l'alcool et de la drogue.

Aziz Fathi a demandé pardon à deux reprises aux proches de la victime.

"Je ne sais pas pourquoi je suis entré chez cette dame. Je croyais qu'il n'y avait personne (...). Je ne serais pas rentré chez elle si je l'avais vue", a-t-il déclaré dans le box des accusés.

"Je me suis mis à fouiller, j'ai été surpris par la dame, on a eu une altercation. (...) Je ne me rendais pas compte de ce que j'avais fait, le lendemain, je l'ai lu dans le Parisien", a-t-il raconté.

Pour le policier, le meurtre est "issu d'une espèce de rage". "Il n'y avait pas besoin de 62 coups de couteau pour immobiliser cette dame, un coup de poing aurait suffi et d'ailleurs, elle a aussi reçu des coups de poing", a-t-il dit.

"Je vois dans cette affaire le parcours chaotique d'un type perdu et qui, pour vivre, attaque des gens et les vole", a-t-il poursuivi.

La cour d'assises rendra son verdict vendredi.