Carlos Ghosn: Renault voulait évaluer la gravité de l'affaire

FRANCE Le PDG de Renault Carlos Ghosn s'est exprimé dans un entretien publié samedi...

© 2011 AFP

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Crise oblige, les salaires des patrons du CAC 40 ont baissé de 14% en 2009, selon une étude du cabinet Proxinvest publiée mardi. Mais les cinq PDG les mieux payés ont tout de même gagné plus de 5 millions d’euros annuels.
Absent du top 5 l’année dernière, le patron de Renault, Carlos Ghosn, monte directement à la première place du classement. 
 
Sur une rémunération totale de 9,2 millions d’euros, son salaire fixe chez Renault est de 1,2 million d’euros. Mais Carlos Ghosn a surtout touché 8 millions d’euros au Japon, en tant que PDG de Nissan. Une information qu’il n’a avouée qu'en juin dernier, regrette Proxinvest.
Crise oblige, les salaires des patrons du CAC 40 ont baissé de 14% en 2009, selon une étude du cabinet Proxinvest publiée mardi. Mais les cinq PDG les mieux payés ont tout de même gagné plus de 5 millions d’euros annuels. Absent du top 5 l’année dernière, le patron de Renault, Carlos Ghosn, monte directement à la première place du classement.   Sur une rémunération totale de 9,2 millions d’euros, son salaire fixe chez Renault est de 1,2 million d’euros. Mais Carlos Ghosn a surtout touché 8 millions d’euros au Japon, en tant que PDG de Nissan. Une information qu’il n’a avouée qu'en juin dernier, regrette Proxinvest. — MEIGNEUX/SIPA

La direction de Renault voulait être absolument sûre, grâce à une enquête interne, de la gravité de l'affaire d'espionnage industriel qui a touché le groupe, avant de prévenir le gouvernement et la justice, a expliqué son PDG Carlos Ghosn dans un entretien publié samedi.

Utiliser les procédures habituelles

«Il fallait faire nous-mêmes des premières recherches pour nous forger une opinion sur la gravité de l'affaire», a déclaré à l'hebdomadaire Le Journal du Dimanche le patron de Renault, qui a lancé cette enquête interne en août 2010, mais n'a prévenu les autorités que début janvier 2011.

«Renault a des procédures très précises pour ce genre d'affaires. J'ai décidé que les processus habituels devaient être utilisés», a-t-il insisté, se disant «surpris et choqué», et ajoutant que «compte tenu de la gravité de la situation, il ne fallait ni se hâter, ni ralentir les choses».

«Nous avons été irréprochables par rapport à la loi»

Se refusant à confirmer que Renault a employé des détectives privés, M. Ghosn, qui dit avoir «suivi personnellement l'avancement de ce processus au fur et à mesure», est formel: «Nous avons été irréprochables par rapport à la loi».

«Nous sommes arrivés à la conclusion que ce qui est sorti ne correspond pas à des informations technologiques. Il pourrait s'agir d'informations sur notre modèle économique. (...) Ce qui est visé, c'est notre stratégie dans la voiture électrique», Renault étant le seul constructeur à fabriquer à la fois la batterie, les moteurs et les chargeurs, a-t-il indiqué au JDD.

Quant au destinataire de ces informations, «je n'ai pas de conviction sur ce point», a-t-il noté.

Une enquête de plusieurs mois

«Nous attendons les résultats de l'enquête dont on me dit qu'elle devrait durer plusieurs mois», a-t-il dit, alors son groupe et le contre-espionnage - désormais chargé de l'affaire - privilégieraient une «piste chinoise», selon la presse et les spécialistes de l'intelligence économique.

«Je n'ai pas à polémiquer ou à prendre position. Je ne me préoccupe que de la sauvegarde des intérêts de Renault», a insisté Carlos Ghosn.

Renault a déclenché en août 2010 une enquête interne après l'envoi d'une lettre anonyme.

L'affaire a conduit à la mise à pied de trois cadres du constructeur soupçonnés d'avoir diffusé des informations sensibles, et au dépôt le 13 janvier d'une plainte contre X «pour des faits constitutifs d'espionnage industriel, de corruption, d'abus de confiance, de vol et recel, commis en bande organisée».

Le contre-espionnage a été chargé d'une enquête, alors que le ministre de l'Industrie Eric Besson a regretté de n'avoir été mis au courant qu'au dernier moment.

L'affaire concerne le projet phare de véhicule électrique de Renault, un enjeu colossal pour le groupe qui y a investi 4 milliards d'euros avec son allié japonais Nissan.