Otages Aqmi: soldats nigériens "tués par des tirs français"

© 2011 AFP
— 

Un haut responsable gouvernemental nigérien a affirmé jeudi à l'AFP que les "militaires nigériens" retrouvés morts, le 8 janvier au Mali, après un assaut contre les ravisseurs de deux Français, "poursuivaient les gens d'Al-Qaïda" et avaient été "victimes de tirs français".

Ce haut responsable nigérien, joint par téléphone depuis le Mali, a contesté l'affirmation du ministère français de la Défense selon laquelle des personnes portant "l'uniforme de la gendarmerie nigérienne" avaient alors participé au combat contre les forces françaises.

Selon lui, "ces gendarmes nigériens poursuivaient les gens d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)" qui a revendiqué jeudi l'enlèvement des deux Français. "Les troupes nigériennes n'ont jamais combattu aux côtés d'Aqmi", a-t-il insisté.

"Nous avons eu un véhicule militaire endommagé sur les lieux où l'armée française a donné l'assaut. Nos hommes qui sont morts sur place, sur le territoire malien, ont été victimes de tirs de militaires français", a affirmé ce haut responsable, assurant n'avoir "aucun doute" à ce sujet.

"Je ne dis pas que les militaires français ont fait exprès, mais les militaires (nigériens) dont les corps ont été ramenés par les Français à Niamey, sont morts de tirs français", a-t-il insisté, évoquant "trois" soldats nigériens tués.

"Nous ne voulons pas de polémique, mais nous voulons, comme tout le monde, que lumière soit faite totalement sur ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.

Cette source a en revanche évoqué l'hypothèse que les gendarmes nigériens présents sur les lieux de l'assaut aient pu avoir été "en quelque sorte pris en otages par Aqmi".

Deux Français âgés de 25 ans avaient été enlevés dans un restaurant de Niamey, le 7 janvier. Le lendemain, les deux Français avaient été retrouvés morts, après un assaut mené par des commandos français contre leurs ravisseurs.

Selon des sources sécuritaires maliennes, des hélicoptères de combat français avaient tiré sur le convoi des ravisseurs. Parmi les véhicules calcinés trouvés sur place après l'assaut, il y avait notamment une voiture de la gendarmerie nigérienne, selon des témoins.

A Paris, un porte-parole du ministère français de la Défense avait déclaré jeudi: "Quatre corps de personnes décédées dont deux portaient l'uniforme de la gendarmerie nigérienne, ainsi que deux blessés qui portaient également cet uniforme" ont été remis par les forces françaises aux autorités nigériennes après l'assaut.

"Les personnes portant l'uniforme de la gendarmerie nigérienne n'avaient pas les mains entravées, portaient des armes" et "ont combattu, participé à l'action, contre nos forces", avait-il dit, ajoutant: "Il appartient aux Nigériens de donner des éléments de réponse" sur ces personnes.

Aqmi a revendiqué le rapt des deux Français et affirmé qu'ils avaient été tués lors de l'assaut des forces françaises pour les libérer, dans un enregistrement audio diffusé jeudi par Al-Jazira. Aqmi a soutenu que deux soldats français avaient trouvé la mort et que "25 militaires nigériens avaient été tués ou blessés".