Chômage: dégradation en novembre, 4 millions de Français en quête d'emploi

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La situation s'est dégradée en novembre sur le front du chômage, avec désormais plus de 4 millions de Français en quête d'un emploi, dont plus d'un tiers de seniors, à qui le gouvernement a promis vendredi une amélioration en 2011, tandis que les économistes restent prudents.

Selon les données du ministère du Travail, le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé durant le mois de novembre a progressé de 21.300, à 2,698 millions, soit une hausse mensuelle de 0,8% et de 2% sur un an.

En incluant les personnes en activité réduite -courte ou longue- le nombre des inscrits sur les listes de Pôle emploi a progressé de 33.600, à 4,019 millions (+0,8% sur un mois et 5% sur un an).

A fin novembre, avec les DOM, 4,272 millions de Français figuraient sur les listes de Pôle emploi.

La dégradation fait suite à une embellie en octobre, qui avait vu le nombre de demandeurs d'emploi des deux catégories refluer.

Pour le ministère du Travail, au-delà des évolutions mensuelles, il y a une "stabilisation du nombre de demandeurs d’emplois" au deuxième semestre 2010, et ce "malgré une reprise économique encore fragile".

Revenu depuis un mois au ministère du Travail, Xavier Bertrand s'est fixé comme objectif "de faire baisser le chômage de manière durable". Il a promis, au regard des données de novembre, "une "mobilisation sans relâche du gouvernement" afin que "2011 soit l’année de la baisse significative du chômage".

Ce sont en priorité "les publics les plus fragiles" que la politique du gouvernement veut secourir : "jeunes, salariés peu qualifiés, salariés ayant fait l'objet d'un licenciement économique et chômeurs de longue durée".

Mais, en novembre la situation s'est encore dégradée pour ces catégories: le nombre de jeunes en quête d'emploi (incluant ceux en activité réduite), a augmenté de 0,8% sur le mois à 624.000. Sur un an toutefois le chiffre recule de 4%.

La situation est plus sombre pour les seniors (plus de 50 ans): 748.000 sont à la recherche d'un emploi, soit une hausse de 1,7% sur le mois et un bond de 16% par rapport à novembre 2009.

Quant aux chômeurs de longue durée (figurant sur les listes depuis plus d'un an) ils sont 1,5 million, soit 21% de plus que l'an dernier.

Après deux années noires -2008 et 2009- au cours desquelles plus de 500.000 emplois ont été détruits en France du fait de la plus grave crise économique depuis la Seconde guerre mondiale, l'Insee prévoit désormais une amélioration du chômage à "un rythme modéré", à l'appui d'une lente reprise de l'économie.

A horizon mi-2011, l'institut table sur une "légère décrue" du taux chômage à 9,1% de la population active (contre 9,3% au troisième trimestre 2010).

Se disant "plutôt pessimiste", Eric Heyer, économiste à l'OFCE, prévoit, lui, une "poursuite de la hausse du chômage". D'abord parce qu'"il n'y aura pas "un gros rebond de la croissance en 2011" et il ne sera "pas suffisant pour faire baisser le chômage".

Par ailleurs, souligne-t-il, les entreprises, qui, certes, ont détruit des emplois durant la crise mais pas à la hauteur de la chute de l'activité, poursuivent leurs "ajustements" qui ne passent pas par des embauches.

Les économistes du Crédit agricole rappellent un "environnement très incertain" qui "incite à la prudence". Ils prévoient une "reprise particulièrement molle de l'emploi au cours des prochains trimestres", le temps pour les entreprises "de combler le retard accumulé pendant la crise".

Pour le Parti socialiste, les chiffres de novembre apportent "un démenti cinglant" au gouvernement qu'il accuse de n'avoir "aucune politique de l'emploi".