Manifestation contre l'hébergement des demandeurs d'asile dans des tentes

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Une centaine de personnes se sont rassemblées lundi devant le Conseil d'Etat à Paris, pour dénoncer une décision de cette juridiction de valider l'hébergement des demandeurs d'asile dans des tentes faute de places dans les structures adaptées.

Le Conseil d'Etat a rendu son ordonnance le 19 novembre sur le sujet, après avoir été saisi par le ministère de l'Intérieur qui lui demandait d'annuler une décision du tribunal administratif de Paris du 27 octobre, donnant à la préfecture un délai de 48 heures pour trouver un lieu d'hébergement à un demandeur d'asile afghan de 20 ans, laissé à la rue.

L'ordonnance est "ahurissante sur le plan humanitaire et inquiétante sur le plan du droit", ont dénoncé les représentants d'une quarantaine d'associations, qui se sont rassemblés place du Palais Royal (Ier arrondissement), sous le mot d'ordre "Non aux +tentes+ du Conseil d'Etat".

Après avoir expliqué qu'il ne s'agissait pas de "privilégier les demandeurs d'asile" par rapport aux autres personnes non logées, un représentant du Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigrés) a dénoncé la décision "saugrenue" d'un juge qui, selon lui, entend "blanchir" le gouvernement "qui ne veut pas se donner les moyens de traiter dignement les demandeurs d'asile".

"Cette politique a pour objectif de dissuader les demandeurs d'asile en Europe. Elle est inacceptable sur le plan humain et du droit", a-t-il fait valoir.

Pour les associations, la décision du Conseil d'Etat contrevient à la directive européenne du 27 janvier 2003 sur l'accueil des demandeurs d'asile.

En 2009, 47.700 étrangers ont sollicité l'asile en France, une demande appelée à dépasser 50.000 personnes en 2010, selon les prévisions officielles. Le pays compte 21.500 places en centres d'accueils des demandeurs d'asile (CADA).