Maison de l'histoire de France : le conseil scientifique sur pied pour la mi-janvier

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La Maison de l'histoire de France sera dotée d'ici la mi-janvier d'un conseil scientifique, assez ramassé, qui devra s'impliquer dans la définition du contenu proposé par cette future institution, actuellement cible de critiques de la part de certains historiens.

Le conseil scientifique de la future Maison de l'histoire de France "sera installé d'ici la mi-janvier", a-t-on appris lundi auprès du ministère de la Culture. Soit quatre mois après l'annonce par Nicolas Sarkozy que la Maison de l'histoire de France serait créée sur le site parisien des Archives nationales.

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand pensait au départ pouvoir annoncer la composition de ce conseil scientifique en novembre. Mais sa constitution s'est révélée plus ardue que prévu, plusieurs historiens de renom redoutant de voir la Maison de l'histoire de France instrumentalisée par le pouvoir politique, notamment autour de la thématique de "l'identité nationale".

Devant les critiques, le ministre a préféré prendre son temps, multipliant les entretiens avec les historiens -y compris ceux hostiles au projet- et consultant des personnalités travaillant sur l'histoire.

Finalement, le conseil scientifique sera plus ramassé que prévu à l'origine, annonce le ministère. Il devrait compter une douzaine de membres environ alors qu'au départ, il était envisagé qu'il comprenne une trentaine d'historiens français et étrangers.

Son rôle a également été renforcé, afin de rassurer. Il lui sera demandé de s'impliquer vraiment dans la définition du contenu de la Maison de l'histoire de France. Cela suppose de choisir des membres - et notamment un président - qui peuvent y consacrer du temps, relève une source proche du dossier.

Le conseil scientifique sera "en première ligne", selon cette source. Une de ses premières tâches sera de s'atteler à "produire un récit" pour la galerie chronologique qui doit ouvrir à l'horizon 2015 dans le quadrilatère des Archives nationales, situé dans le Marais.

Cet automne, plusieurs historiens ont exprimé leur opposition au projet. Pierre Nora a estimé qu'il "aura beaucoup de mal à se remettre de son origine impure et politicienne", liée au thème de "l'identité nationale". Jacques Le Goff et d'autres y voient un "projet dangereux".

Pour sa part, Jean-Pierre Rioux, inspecteur général honoraire de l'Education nationale, confirme lundi à l'AFP son "intérêt" pour le projet de Maison de l'histoire de France, sous réserve de certaines "garanties de fonctionnement".

M. Rioux est l'auteur d'un rapport sur les lieux possibles pour le futur Musée, remis en mai 2009 au gouvernement.

Pour le moment, la façon dont les Archives nationales et la Maison de l'histoire de France vont cohabiter dans le vaste quadrilatère, qui comprend notamment l'Hôtel de Soubise et l'Hôtel de Rohan, n'est pas réglée. Des discussions sont en cours entre Jean-François Hébert, président de l'association de préfiguration de la Maison de l'histoire de France, et la direction des Archives nationales.

L'intersyndicale CFDT-CFTC-CGC-CGT du site parisien des Archives nationales reste hostile à l'idée de partager son espace. Elle l'a redit samedi, en organisant un débat avec des hommes politiques et des historiens opposés au projet.