Maisons de retraite: le secteur privé gagne des parts de marché, risques pour les tarifs

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Le secteur privé représente une part croissante de l'accueil en maisons de retraite, ce qui pose des problèmes de tarifs plus élevés et d'accessibilité, selon une note interne de la Fédération hospitalière de France (FHF), révélée samedi par le Journal du Dimanche.

"Entre 2003 et 2007, les places d'Ephad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ont été créées à 61% par des établissements privés", affirme le document, que s'est procuré l'AFP.

"Depuis 2001, le public a perdu 5% des parts de marché au profit des établissements privés commerciaux", précise la note de la FHF, qui regroupe les responsables (directeurs, médecins, élus) de l'ensemble des hôpitaux publics français.

Ces créations de places dans le secteur privé "posent le problème de l'accessibilité financière pour les personnes âgées", ajoute le document, qui rappelle que "le niveau moyen des retraites est de 1.200 euros par mois".

Le montant restant à la charge de la personne accueillie s'élève en moyenne à 1.430 euros par mois dans le secteur public et à 2.007 euros par mois pour les maisons de retraites privées à but lucratif, relève encore la note de la FHF.

Selon des sources internes à la FHF, cette croissance du secteur privé a fait l'objet d'une réflexion, au sein de la fédération, sur les politiques publiques de régulation du secteur des maisons de retraite, à l'origine de la note interne.

"On a choisi pour des raisons politiques de privilégier la création de places nouvelles dans le secteur lucratif, avec une énorme inadéquation" entre l'offre et les besoins, "plutôt que de (faire) respecter le ratio d'encadrement minimal en personnel", le tout sur fond de "baisse des moyens dans les rares maisons de retraite qui respectaient ce ratio", a commenté à l'AFP une source interne à la FHF.