Procès Pinochet: 15 à 20 ans requis contre les accusés

JUSTICE Les responsables de la dictature chilienne sont jugés en leur absence...

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C. SANTANA/ AFP

L'épilogue approche dans le procès au box vide. Des peines de 15 à 20 ans de réclusion ont été requises vendredi à Paris à l'encontre d'anciens responsables de la dictature chilienne et d'un Argentin, jugés en leur absence pour les disparitions de quatre Français ou Franco-Chiliens sous le régime d'Augusto Pinochet. Fait rare dans un procès d'assises, c'est le procureur général de Paris en personne, François Falletti, qui a entamé les réquisitions pour, notamment, justifier «l'importance» de la tenue en France de ce procès, 37 ans après les faits au Chili. L'avocat général Pierre Kramer a pris la suite.

Face au ministère public, un box d'accusés vide: les 13 anciens membres chiliens du régime Pinochet et un Argentin, essentiellement d'anciens militaires, âgés 61 à 89 ans, sont jugés en leur absence pour les faits d'«arrestations, enlèvements, séquestrations arbitraires avec torture ou actes de barbarie» ou complicité.

Condamnation symbolique

En leur absence et celle de leurs avocats, la cour d'assises ne comprend pas, comme à l'habitude, de jurés. Elle est composée de trois magistrats professionnels dont le verdict est attendu dans la journée. Certains accusés, comme le général Manuel Contreras, fondateur de la Direction du renseignement national (Dina, police secrète), ont déjà été condamnés au Chili pour des crimes commis durant la dictature et sont actuellement détenus. Les autres ont pour la plupart des domiciles identifiés au Chili.

Une condamnation de la justice française aurait surtout une valeur symbolique et quasiment aucune chance d'être exécutée sauf si les accusés, sous mandat d'arrêt international depuis plusieurs années, sortent de leur pays et sont arrêtés à l'étranger. Un nouveau procès devrait alors se tenir. Augusto Pinochet, au pouvoir de 1973 à 1990, avait été mis en examen dans cette procédure française mais sa mort, en décembre 2006, a éteint l'action judiciaire à son encontre. Il n'a jamais eu à répondre en justice des crimes commis sous sa dictature.