Procès dictature chilienne: le procureur général de Paris requiert en personne

© 2010 AFP

— 

Fait rare aux assises, le procureur général de Paris en personne, François Falletti, a entamé les réquisitions vendredi contre d'ex-hiérarques de la dictature chilienne jugés, en leur absence, pour la disparitions de quatre Français ou Franco-Chiliens sous le régime Pinochet.

"Il m'est apparu souhaitable que le procureur général en personne prenne la parole et s'engage clairement et directement dans la procédure soumise à la cour", a déclaré d'emblée le plus haut magistrat du parquet de Paris.

Il a insisté sur la légitimité de ce procès qui se tient en France, sans les accusés et 37 ans après les faits au Chili.

"Il faut se souvenir, ce procès est indispensable", a appuyé M. Falletti.

"Il est indispensable aussi car ce qui s'est passé au Chili, ce sentiment de surpuissance, de pouvoir tout se permettre parce qu'on est au pouvoir, n'est pas une exclusivité du Chili", a-t-il ajouté.

Aux yeux du procureur général, la tenue d'une telle audience doit lancer "une message clair": de tels crimes doivent "donner lieu à des poursuites, quel que soit le temps, quel que soit l'espace".

M. Falletti a ensuite passé la parole à l'avocat général Pierre Kramer pour la poursuite des réquisitions.

Exceptionnelle, l'intervention du procureur général pour les réquisitions, s'était par exemple produite lors du procès en 2003 devant la cour d'assises spéciale de Paris des membres présumés du commando jugé pour l'assassinat du préfet Erignac.

Dans le procès de la dictature chilienne, une cour d'assises normale, mais sans jurés, juge, en leur absence, 13 anciens membres chiliens du régime d'Augusto Pinochet et un Argentin, essentiellement d'ex-militaires, pour la disparition de quatre Français ou Franco-Chiliens après le coup d'Etat du général Pinochet le 11 septembre 1973.

Le verdict est attendu ce vendredi.