Procès de la dictature chilienne: verdict à Paris devant un box d'accusés vide

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Réquisitions et verdict sont attendus vendredi au procès devant la cour d'assises de Paris de 14 anciens membres de la dictature chilienne jugés, en leur absence, pour les disparitions de quatre Français ou Franco-Chiliens sous la dictature d'Augusto Pinochet.

Dans ce procès à valeur de symbole et de leçon d'histoire, la cour a entendu depuis mercredi une trentaine de témoins, souvent venus de l'étranger, livrer leurs souvenirs, souvent leurs blessures, des années vécues au Chili sous la férule du général Pinochet.

Les familles des quatre disparus après le coup d'Etat du 11 septembre 1973 attendaient cette audience depuis plus de 35 ans. Leurs fils, filles, épouses, frères, soeurs, amis, ont livré à la barre des témoignages souvent bouleversants de leur vie amputée par ce drame.

Georges Klein, médecin et conseiller de Salvador Allende, a été arrêté à Santiago en septembre 1973, tout comme l'ancien prêtre Etienne Pesle, enlevé dans le sud du pays. Alphonse Chanfreau et Jean-Yves Claudet-Fernandez, deux membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), ont disparu l'un en 1974, l'autre en 1975.

Face à elles, un box d'accusés vide. Les treize anciens membres chiliens du régime Pinochet et un Argentin, essentiellement d'anciens militaires, âgés 61 à 89 ans, sont jugés en leur absence pour les faits d'"arrestations, enlèvements, séquestrations arbitraires avec torture ou actes de barbarie".

La procédure dite de "défaut criminel" qui permet de les juger en leur absence, autorise qu'ils soient représentés par un avocat mais aucun ne l'a souhaité.

De ce fait, la cour d'assises ne comprend pas, comme à l'habitude, de jurés. Elle est composée de trois magistrats professionnels dont le verdict est attendu dans la journée.

Certains accusés, comme le général Manuel Contreras, fondateur de la Direction du renseignement national (Dina, police secrète), ont déjà été condamnés au Chili pour des crimes commis durant la dictature et sont actuellement détenus.

Augusto Pinochet, au pouvoir de 1973 à 1990, avait été mis en examen dans cette procédure française mais sa mort, en décembre 2006, a éteint l'action judiciaire à son encontre. Il n'a jamais eu à répondre en justice des crimes commis sous sa dictature.