Guadeloupe: grève peu suivie mais reconduite

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Le LKP, qui avait appelé à un mouvement de grève générale illimitée en Guadeloupe à compter de mardi, a décidé mardi soir de reconduire pour mercredi son mot d'ordre de grève, même si elle semble avoir été particulièrement peu suivie durant sa première journée.

"Nous appelons les travailleurs à se mobiliser et nous manifesterons devant la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre jusqu'à ce qu'on nous réponde positivement" à la demande d'audience formulée au cours de la manifestation de mardi, a indiqué mardi soir à l'AFP le porte-parole du LKP, Elie Domota.

A la question de savoir s'il s'agissait également d'un appel à la poursuite de la grève générale, il a répondu: "Pour que les travailleurs quittent leurs entreprises, il faut un motif: la grève est reconduite".

Au premier jour, mardi, de la grève générale illimitée à laquelle a appelé le LKP, entre 4.300 personnes selon la préfecture et "plus de 20.000" selon M. Domota ont défilé sans incident à Pointe-à-Pitre.

Les manifestants sont restés massés durant tout l'après-midi de mardi devant la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre, où ils souhaitaient être reçus. La plupart des manifestants se sont progressivement dispersés en ne laissant sur place que les principaux dirigeants syndicaux et leaders du LKP, qui ont ensuite quitté les lieux.

Le mouvement de grève a connu un taux de participation relatif dans la fonction publique (30 % à Pôle emploi, 14 % à La Poste, 11 % dans l'Education nationale) et marginal dans le secteur privé, la plupart des entreprises étant ouvertes et ayant fonctionné normalement. "La journée est totalement normale" a fait savoir le Medef-Guadeloupe, la principale organisation patronale insulaire, selon laquelle de nombreux salariés s'étaient placés en RTT pour l'occasion.

L'unité du collectif, qui regroupait entre autres l'ensemble des centrales syndicales représentées en Guadeloupe et qui avait initié une grève générale de 44 jours début 2009, semble s'être lézardée ces derniers mois. La CFDT s'était dissociée de l'appel à la grève générale illimitée de mardi et la CFE-CGC a fait savoir mardi soir qu'elle se prononçait contre la poursuite du mouvement.

Le LKP, qui avait obtenu en 2009 la signature d'un protocole d'accord de 165 points avec le patronat, l'Etat et les collectivités locales, affirme que les engagements pris par l'Etat et les collectivités ne sont pas respectés. Il réclame la réunion d'un Comité de suivi, dont il avait boycotté ou s'était retiré des quatre précédentes réunions. Pour leur part, région, département et Etat affirment que tous les engagements pris ont été respectés.