Calvaire de Sabrina: la perpétuité requise "insupportable" selon la défense

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La peine de réclusion criminelle à perpétuité requise vendredi à l'encontre notamment du "chef de camp", accusé avec onze autres personnes d'avoir séquestré, violé, torturé et réduit en esclavage la jeune Sabrina, a été jugée lundi "insupportable" par son avocat.

L'avocat général Edmond Stenger a requis vendredi la réclusion criminelle à perpétuité contre le couple central du procès, Franck Franoux, 51 ans et Florence Carrasco, 36 ans, qui auraient fait de Sabrina leur esclave et leur souffre-douleur entre 2003 et 2006, dans le campement de caravanes de Bois Fleuri, à Claye-Souilly.

Pour Me Michel Konitz, avocat de Franck Franoux, "ce qui est insupportable, c'est qu'on demande la perpétuité alors qu'il y a une carence des services de l'Etat" et "que personne n'est mort". Ces gens "n'ont rien", "leur vie, c'est la désespérance", a-t-il dit lors de sa plaidoirie.

"Nous n'avons pas le droit de les juger sans savoir qui ils sont" et "la perpétuité c'est l'inhumanité", a-t-il lancé.

"On savait parfaitement ce qui se passait" (dans le campement, ndlr) et "on a rien fait", c'est "un mépris social", "on les laisse crever". "S'il y avait pas eu un mépris total pour ces gens, ça se serait arrêté", a affirmé Me Konitz.

Une des avocates de Florence Carrasco, Me Valérie Harif, a rappelé que dans le campement régnait "la loi du plus fort" où "seul celui qui tape a le droit d'exister", au milieu d'un "monde sans règles".

A son arrivée à Bois Fleuri, Florence Carrasco était le "commis" de Franck Franoux et ensuite elle a "transformé Sabrina en objet sur lequel elle tapait", a poursuivi Me Harif. Il a précisé que sa cliente, qui a "réussi à avoir un suivi psychologique cohérent en détention", a "demandé pardon" à Sabrina au cours du procès.

La présidente Anny Dauvillaire devait donner une dernière fois la parole aux accusés mardi matin. Le verdict est attendu mardi dans la soirée.