Besançon: 21 enfants et leur institutrice libérés après une prise d'otages

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Vingt-et-un enfants et leur institutrice d'une école maternelle de Besançon sont sortis sains et saufs d'une prise d'otages de plus de quatre heures lundi, organisée par un jeune homme de 17 ans suicidaire qui a été arrêté par la police.

"L'ensemble des enfants a été libéré en compagnie de l'institutrice, le preneur d'otages a été interpellé par le GIPN en douceur", a annoncé peu avant 13H00 le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, qui s'était rendu sur place.

L'homme a été neutralisé grâce à une décharge de Taser (pistolet à impulsion électrique).

Après plusieurs heures de négociations, le preneur d'otages, un jeune homme de 17 ans, a fait sortir les derniers enfants et l'institutrice qu'il retenait depuis 08H50 dans une classe de l'école Charles-Fourier.

Le jeune homme, issu du quartier et scolarisé en CAP à Besançon, "était plus dépressif, voire suicidaire, que dangereux puisqu'il voulait une arme pour se suicider", a expliqué le secrétaire régional du syndicat policier Alliance, Laurent Gresset.

"La libération s'est passée au moment de servir les repas", a ajouté M. Chatel, indiquant que les enfants avaient alors été séparés du forcené, qui a ensuite été maîtrisé par les policiers d'élite.

Le jeune homme a été évacué vers le CHU de Besançon, il a été placé en garde à vue dans une chambre sécurisée. Il n'avait toujours pas été entendu par les enquêteurs lundi soir.

Le preneur d'otages, qui vivait seul avec sa mère et dont les parents étaient séparés, n'avait "aucun antécédent judiciaire", a précisé le parquet de Besançon.

"Il a fait état de troubles ponctuels passagers d'ordre psychologique, mais il n'est pas repéré comme une personne qui aurait déjà séjourné en hôpital psychiatrique", a ajouté Alain Saffar, procureur de la République de Besançon.

Tout a commencé à 8H50, peu après l'ouverture, dans une classe de l'école Charles-Fourier, située dans le quartier sensible de la Planoise. Le jeune homme est entré dans les locaux avec deux sabres "de style décoratif", selon le parquet, notant toutefois le caractère dangereux des armes "pointues et tranchantes".

"Les enfants ne se sont pas vraiment rendu compte de la situation. Seuls quelques garçons étaient intrigués par les deux sabres d'une quarantaine de centimètres qu'il tenait à la main", a expliqué à l'AFP l'institutrice otage, Nathalie Roffet. L'enseignante, âgée de 37 ans, ne s'est jamais sentie "en danger" car "la violence n'était pas dirigée contre les enfants, mais contre lui-même".

Le preneur d'otages, qui avait lui-même appelé la police pour annoncer son acte, a dans un premier temps retenu 21 enfants de 3 à 4 ans.

L'école, implantée au milieu de barres HLM, a très vite été entourée d'un dispositif de sécurité très strict.

Un contact téléphonique a été rapidement établi entre le preneur d'otages et les policiers. Six, puis dix enfants ont ainsi été relâchés. Le Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN) de Strasbourg a ensuite pris le relais pour négocier avec le preneur d'otages.

"Quand les parents sont arrivés à l'école en apprenant la prise d'otages ils ont été traumatisés, beaucoup étaient en pleurs", a expliqué Azzedine Khaoua, père d'une petite fille qui faisait partie de la première vague d'enfants libérés.

Les prises d'otages dans les écoles maternelles sont extrêmement rares en France. La plus célèbre reste celle qui s'était produite en 1993 dans une école maternelle de Neuilly-sur-Seine, dont le président Nicolas Sarkozy était à l'époque le maire.

Un homme, qui se surnommait lui-même H.B ("Human Bomb"), armé et cagoulé, avait pris en otage une classe de 21 enfants, réclamant une rançon d'environ 15 millions d'euros (100 millions de francs français à l'époque). Il avait été tué par la police et les otages avaient été libérés sains et saufs.