Neige: après la pagaille, la polémique fait rage

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Deux jours après la pagaille due à la neige en Ile-de-France, le gouvernement, sous le feu des critiques, rejette la responsabilité de l'événement sur Météo France, qui se défend d'avoir failli.

Nicolas Sarkozy a reconnu vendredi, lors du 13ème conseil des ministres franco-allemand en Allemagne, un "décalage" dans la réaction de l'Etat aux intempéries, et promis de réunir la semaine prochaine les services concernés pour essayer d'en comprendre les raisons.

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a demandé à l'Inspection générale de l'administration (IGA) d'"analyser les points forts et les points faibles des mesures prises" mercredi, et de "proposer les améliorations à apporter".

L'IGA devra rendre un rapport d'ici trois mois et transmettre dès "la mi-janvier" ses "premiers éléments" sur "d'éventuelles mesures à prendre d'urgence".

M. Hortefeux est au coeur de la polémique pour ses propos mercredi après-midi minimisant la situation, alors que des milliers de personnes étaient déjà coincées sur les routes par la neige. Vendredi, la presse française l'étrille avec humour, le qualifiant de "Bison pas futé".

Au cours d'une réunion avec les principaux acteurs de cette crise, le secrétaire d'Etat aux Transports Thierry Mariani leur a demandé sous dix jours des rapports de "retour d'expérience".

"Mon intention n'est pas de rechercher les responsabilités. Mon objectif est de construire ensemble un dispositif fiable et efficace au bénéfice de nos concitoyens car de tels épisodes météorologiques pourraient se reproduire de plus en plus fréquemment", a-t-il insisté, soulignant que les mesures prises avaient au moins permis de "limiter l'impact" des perturbations et "d'assurer la sécurité de tous puisque aucun accident grave lié à ces événements n'est à déplorer".

De nombreux automobilistes et routiers, coincés pendant des heures mercredi et jeudi, ont dénoncé un défaut ou une insuffisance de salage, l'absence d'information et d'assistance.

Le gouvernement avait réfuté toute défaillance jeudi avant que le Premier ministre François Fillon n'accuse Météo France d'avoir mal anticipé les intempéries. Des accusations qu'une source gouvernementale avait ensuite relativisées, assurant que "François Fillon y est allé un peu fort sur Météo France".

La socialiste Ségolène Royal a demandé vendredi "des excuses publiques" du Premier ministre, dénonçant "l'inertie coupable" de l'exécutif.

Météo France s'est défendue dans un communiqué, assurant avoir "annoncé le phénomène dès le mardi" à 16H00 et placé la région en vigilance orange en annonçant "des hauteurs de neige de 3 à 7 cm, avec localement 10 cm sur l'Ile-de-France".

Et mercredi, alors que la neige tombait, "Météo France a réévalué sa prévision, indiquant que les hauteurs devraient être supérieures à son évaluation initiale", expliquant qu'il "est encore très difficile (...) de prévoir avec exactitude les quantités qui vont tomber et, a fortiori, leur tenue au sol, déterminante pour les transports".

Face aux accusations gouvernementales, le personnel de l'organisme météorologique est "abasourdi et plutôt en colère, avec une véritable incompréhension", selon la CGT tandis que la CFDT réclame "des excuses publiques" du gouvernement.

Vendredi, les conditions de circulation étaient normales en Ile-de-France, à l'exception de quelques axes routiers en raison de plaques de neige compactes et glacées, a indiqué le Centre national d'information routière (Cnir).

A la RATP comme à la SNCF, le service était normal sur l'ensemble des réseaux.

En Eure-et-Loir, les interdictions de circulation prises les jours précédents ont été levées et un arrêté préfectoral autorise à nouveau tous les véhicules, quelque soit leur tonnage, à circuler sur l'ensemble du réseau routier du département.