Des adolescentes exploitées dans un réseau devaient voler 300 euros par jour

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La centaine de jeunes filles exploitées dans le réseau dit "Hamidovic", démantelé mardi avec l'arrestation de 18 personnes, étaient contraintes de voler, particulièrement dans le métro parisien, et devaient chacune rapporter "300 euros par jour", a indiqué vendredi le procureur de la République Jean-Claude Marin.

"Il s'agit sans doute du plus gros réseau et du plus structuré" qui ait été démantelé, a assuré M. Marin lors d'un point presse, accompagné du directeur de la police judiciaire Christian Flaesch.

Treize personnes ont été interpellées mardi dans le sud de la France et cinq en Italie, dont le chef présumé âgé de 58 ans Fehmi Hamidovic, originaire de Bosnie-Herzégovine dans le cadre du démantèlement de ce réseau.

Les chefs de ce réseau, qui opérait principalement dans Paris et notamment dans le métro, recrutaient des filles "originaires de Bosnie-Herzégovine" qui étaient ensuite "formées" en France, a indiqué M. Marin.

Selon le procureur, les jeunes filles devaient répondre à "un contrat d'objectif" se montant à "300 euros par jour et par fille". Si elles n'atteignaient pas ce contrat "elles étaient frappé, victimes de brûlures de cigarettes, et parfois violées", a précisé M. Marin.

Selon une source policière, ce réseau était responsable "de 75% des vols à la tire" dans le métro parisien depuis le début de l'année 2010.

"Les jeunes filles exploitées sont avant tout des victimes, sous la coupe d'une organisation de type patriarcal, a assuré M. Marin. Cette structure clanique fonctionnait avec une tête et une sorte de contremaîtres".

"Nous sommes sur une base d'une collecte de 12.000 euros par jour (...) et sur un montant annuel de 4 millions d'euros rien annuel que pour le groupe opérant en région parisienne", a indiqué M. Marin.

"Il est apparu lors des investigations qu'en une journée, le réseau ait réussi à ramener près de 100.000 euros", a indiqué Christian Flaesch.

Le procureur de la République a notamment exclu que ce réseau soit d'origine rom: "on n'est pas dans cette configuration", a-t-il dit.

"Certaines filles ont été vendues par leur famille car elles étaient de très bonnes voleuses", a précisé M. Marin. "On a vraiment le sentiment d'une structure moyen-âgeuse", a estimé Christian Flaesch.

Deux des dix-huit personnes interpellées ont été déférées vendredi au parquet de Paris, a précisé M. Marin, précisant que les "autres personnes interpellées (en France, ndlr) devraient être présentées samedi".

Une information judiciaire avait été ouverte par le parquet de Paris en juin 2009 notamment des chefs de vols en bande organisée, traite d'être humains en bande organisée sur mineurs accompagnée d'actes de barbarie et de viol en réunion sur mineur, selon une source judiciaire.