Banderole anti-Ch'tis: prison avec sursis et interdictions de stade requis

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Le parquet a requis vendredi de la prison avec sursis pour trois des cinq prévenus, jugés à Bobigny pour avoir déployé une banderole injurieuse lors d'une finale de la Coupe de la Ligue PSG-Lens au Stade de France en mars 2008.

"Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis": cinq supporters du PSG sont jugés pour cette banderole jeudi et vendredi, pour "provocation à la haine ou à la violence lors d'une manifestation sportive".

Loïc Pageot, vice-procureur au tribunal de Bobigny, a requis "un carton rouge" contre les deux prévenus qui ont reconnu avoir participé à la confection de la banderole et à son déploiement. Il a requis 3 mois de prison assortis de sursis avec travail d'intérêt général, un stage de citoyenneté, et a demandé au tribunal de les interdire de stade pendant 5 ans.

Deux mois de prison avec sursis et 3 ans d'interdiction de stade ont été requis à l'encontre d'un autre prévenu qui avait introduit un morceau de la banderole dans le stade, en en connaissant le message.

Pour les deux derniers prévenus, qui ont participé au déploiement de la banderole, Loïc Pageot a requis 300 et 600 euros d'amende et trois ans d'interdiction de stade.

"C'est le procès de la bêtise", a déclaré le procureur. "Cette banderole a été imposée aux 80.000 spectateurs du stade de France et aux 4,5 millions de téléspectateurs", a-t-il ajouté.

Il a jugé que cette banderole n'avait "rien à voir avec de l'humour potache", mais qu'il s'agissait d'un "message d'humiliation, de rejet, de stigmatisation de toute une communauté".

"Le rejet de l'autre n'a pas sa place dans les valeurs de la République et du sport", a dit Loïc Pageot.

Les avocats des parties civiles, qui comptent notamment le Racing club de Lens, les municipalités de Lens et Lille, la Fédération française de football, ont demandé un euro symbolique. Le PSG a également demandé une réparation financière à hauteur de 135.000 euros, notamment pour les frais de justice liés à l'affaire.

Outre ces parties civiles, 55 personnes, "choquées" ou "blessées" par la banderole ont porté plainte dans cette affaire. Certaines ont demandé réparation.