Des étrangers en rétention déposent plainte contre des policiers

© 2010 AFP

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Cinq plaintes pour violence ont été déposées contre des policiers par des étrangers enfermés dans le centre de rétention de Vincennes (Cra), a indiqué dans un communiqué jeudi l'Association Service Social Familial Migrants (ASSFAM).

"Ces deux dernières semaines, l'ASSFAM a été amenée à transmettre au procureur de la République cinq plaintes de retenus", a déclaré l'association autorisée à intervenir au Cra de Vincennes pour apporter une assistance juridique aux étrangers sans papiers qui y sont retenus.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'association, Christian Laruelle, a précisé que ces plaintes visaient des faits de violences imputés à des policiers. Il n'a pas donné de précisions sur la nature de ces violences ni sur l'identité des victimes.

Selon lui, ces plaintes illustrent une "dégradation du climat" dans le Cra de Vincennes d'où plusieurs sans-papiers se sont enfuis la semaine dernière après des incidents. Lundi, ils restaient introuvables.

"Ces derniers jours, la tension est montée au sein des centres de rétention jusqu'au moment où des retenus n'ayant pas pu accéder au service médical ont dégradé les sanitaires et cassé une fenêtre avant de s'échapper", a observé l'ASSFAM qui dit avoir "alerté la préfecture lors d'une réunion le 17 novembre 2010 ainsi que le Contrôleur général des lieux privatifs de liberté le 19 novembre".

La préfecture de police de Paris (PP) a elle, dans un communiqué transmis à l'AFP, contesté cette version des faits qui n'ont selon elle "aucun rapport avec une prétendue restriction dans l’accès au service médical"

La PP a par ailleurs rappelé que "chaque allégation de violence relayée par l’ASSFAM auprès du Parquet fait l’objet d’une saisine de l’inspection générale des services" (la police des polices).

179 étrangers étaient enfermés au Cra de Vincennes au 23 novembre, a indiqué l'ASSFAM.

En juin 2008, de violents incidents avaient éclaté au Cra de Vincennes au lendemain du décès d'un Tunisien de 41 ans considéré comme suspect par les étrangers retenus. Le Cra avait été la proie des flammes. En mars 2010, dix sans-papiers ont été condamnés pour ces faits à des peines de prison ferme, allant de 8 mois à 3 ans.