«Toutes en jupes» pour la journée contre les violences faites aux femmes

SOCIETE Une opération à l'initiative de Ni putes ni soumises...

© 2010 AFP

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Dans leur "roman vrai" des années 60 et 70, "Génération", Hervé Hamon et Patrick Rotman constatent qu'à partir de la fin de la guerre d'Algérie (1962), "la France est en paix". Et s'interrogent : les jeunes, qui s'apprêtent à découvrir en vrac Jean-Luc Godard, les Beatles ou la mini-jupe, vont-ils supporter longtemps le modèle social, paternaliste, autoritaire et conservateur, qu'on leur impose?
Dans leur "roman vrai" des années 60 et 70, "Génération", Hervé Hamon et Patrick Rotman constatent qu'à partir de la fin de la guerre d'Algérie (1962), "la France est en paix". Et s'interrogent : les jeunes, qui s'apprêtent à découvrir en vrac Jean-Luc Godard, les Beatles ou la mini-jupe, vont-ils supporter longtemps le modèle social, paternaliste, autoritaire et conservateur, qu'on leur impose? — AFP/Archives

L'opération «toutes en jupes», organisée jeudi par l'association Ni putes ni soumises (NPNS) à l'occasion de la journée contre les violences faites aux femmes, remporte un grand succès sur le réseau social Facebook, a déclaré à l'AFP la présidente de l'organisation Sihem Habchi.

Selon Mme Habchi, mercredi en fin d'après-midi près de 97.000 femmes avaient déclaré vouloir porter une jupe jeudi, pour symboliser leur résistance aux violences à leur encontre. «Mettre une jupe c'est un acte militant, dans le quotidien, sur le lieu de travail, dans la rue, chez soi, car aujourd'hui tous ces espaces sont des espaces de danger pour les femmes», a-t-elle dit. «On a touché près de 500.000 personnes sur Facebook et il y a 200 personnes par minute qui adhèrent», a-t-elle affirmé. «La jupe est bien un symbole de la résistance», selon elle ajouté.

NPNS entend marquer la journée contre les violences faites aux femmes sur le thème «en jupes et pas soumises».

654.000 femmes ont subi des violences en 2009

Elle organise jeudi soir au Palais de Tokyo à Paris, sous le parrainage d'Isabelle Adjani, une vente aux enchères de femmes connues du monde du cinéma (Carole Bouquet, Fanny Ardant, Sophie Marceau, Agnès Jaoui ...), de la télévision (Claire Chazal, Audrey Pulvar ...), de la littérature (Elisabeth Badinter, Amélie Nothomb) ou de la chanson (Zazie, Charlotte Gainsbourg).

Le produit de la vente servira à louer des appartements-relais pour des femmes victimes de violences, en attendant qu'elles retrouvent un toit.

Sihem Habchi a rappelé les derniers chiffres de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ODNRP), selon lesquels 654.000 femmes ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles en 2009, une augmentation de 15% sur deux ans.