Affaire Karachi: Dominique de Villepin devrait témoigner ce jeudi

JUSTICE Il a fait état de «très forts soupçons» de corruption...

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L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé lundi, au lendemain de la formation du nouveau gouvernement Fillon, que la "principale leçon" à tirer du remaniement était une absence de "vision" pour la France.
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé lundi, au lendemain de la formation du nouveau gouvernement Fillon, que la "principale leçon" à tirer du remaniement était une absence de "vision" pour la France. — Alain Jocard AFP/Archives

Dominique de Villepin doit témoigner ce jeudi dans le dossier Karachi devant le juge Renaud van Ruymbeke qui cherche à établir si des faits de corruption étaient cachés derrière des contrats de vente d'armement. Il sera entendu dans le cabinet du juge, qui mène une enquête pour «entrave à la justice» et «faux témoignage», au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, selon des sources proches du dossier. Me Olivier Morice, avocat des parties civile dans l'affaire de Karachi, assistera, comme la loi l'y autorise, à cette audition.

>> Zoom sur les protagonistes de l'affaire

L'ancien Premier ministre a fait état vendredi de «très forts soupçons» de corruption - les «rétrocommissions» - en 1995 vers des décideurs français en marge de deux contrats d'armement, qu'il a confirmés dimanche tout en précisant qu'il n'y avait «pas de preuve formelle».

Il avait alors demandé à être entendu par le juge van Ruymbeke qui enquête depuis la rentrée sur un volet financier du dossier de l'attentat qui a coûté la vie à quinze personnes dont onze salariés français de la Direction des Constructions navales (DCN) en 2002 à Karachi. «M. de Villepin n'entend mener aucun combat politique, mais simplement faire état, par respect des victimes et souci de vérité, de tout ce qu'il a eu à connaître en tant que secrétaire général de l'Elysée» lorsque Jacques Chirac a ordonné en 1995 l'arrêt de certaines commissions, a déclaré lundi à l'AFP son avocat Me Olivier Metzner.

Soupçons de rétrocommissions

Le président Chirac avait ordonné à son arrivée à l'Elysée la révision des contrats d'armement ayant pu donner lieu à de telles rétrocommissions.

Ministre de la Défense dans le gouvernement d'Alain Juppé en 1995, Charles Millon est le premier responsable politique à avoir fait état devant le juge van Ruymbeke le 15 novembre de son «intime conviction» quant à l'existence d'une telle corruption dans deux contrats, à savoir Sawari II (vente de frégates à l'Arabie saoudite) et Agosta (vente de sous-marins au Pakistan).

La justice soupçonne qu'une partie des commissions versées dans le cadre de ces contrats soit revenue en France - via des rétrocommissions - pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole en 1995.