Biens mal acquis : "pas de patrimoine en France" pour Biya, selon le Cameroun

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Le président camerounais Paul Biya n'a "pas de patrimoine en France ou ailleurs" et il "n'a pas à répondre" devant la justice française, ont affirmé jeudi les autorités camerounaises après la plainte déposée contre lui en France pour la mauvaise acquisition présumée de biens.

Le président "Biya, qui a fait de la rigueur et de la moralisation des comportements le socle de sa politique depuis son accession à la magistrature suprême, le 06 novembre 1982, ne dispose pas de patrimoine en France ou ailleurs", déclare le directeur de son cabinet civil, Martin Belinga Eboutou, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Selon lui, la présidence a "appris à travers les médias" l'ouverture la semaine dernière par le parquet de Paris d'une enquête préliminaire "après le dépôt, par une certaine association dénommée +Union pour une diaspora active+, d'une plainte contre le chef de l'Etat (...), +soupçonné de s'être constitué un important patrimoine en France financé par des détournements de fonds publics+".

Cette plainte contre M. Biya pour "recel de détournements de fonds publics" a été déposée le 2 novembre, a-t-on indiqué mercredi de source judiciaire à l'AFP à Paris.

"Le cabinet civil de M. le Président de la République, qui se réserve l'usage des moyens de droit contre les auteurs présumés de cette action, attend les conclusions de ladite enquête", affirme M. Belinga Eboutou.

N'ayant "pas de patrimoine en France ou ailleurs", le président Biya "ne se sent nullement concerné par ces dénonciations", conclut-il.

Jeudi matin, le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, avait réagi dans une déclaration à l'AFP, affirmant : "Le président de la République du Cameroun n'est comptable que devant son peuple... Il n'a pas à répondre à ces accusations" en France.

Il avait invité la justice française à ne pas se laisser "manipuler par ces Camerounais (plaignants, NDLR) en mal de notoriété", qu'il a accusés -sans citer de noms- d'être "instrumentalisés" par des personnes voulant "ternir l'image du Cameroun" ou désirant postuler pour l'élection présidentielle qui devrait avoir lieu en octobre 2011.

Paul Biya, 77 ans, ne s'est pas encore prononcé sur sa candidature, mais il devrait, selon les observateurs, briguer un nouveau mandat.

Jeudi soir, Jean-Bosco Talla, journaliste et secrétaire général de Coalition for transparency, regroupement d'associations camerounaises de lutte contre la corruption, a salué l'ouverture de l'enquête préliminaire et souhaité que "la vérité triomphe sur les avoirs de Paul Biya".

L'association plaignante, l'Union pour une diaspora active (UDA), est présidée par Célestin Djamen, par ailleurs membre du Social Democratic Front (SDF) principal parti d'opposition au Cameroun. D'après M. Djamen, elle est membre du Conseil des Camerounais de la diaspora (CCD), collectif à l'origine d'une plainte en février classée sans suite par le parquet de Paris.

Des plaintes pour biens mal acquis ont été déposées en France ces deux dernières années par plusieurs associations contre les présidents Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale et Omar Bongo Ondimba du Gabon, décédé en juin 2009.