Circulaire anti-Roms: le Cran se désiste de son action

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Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) s'est désisté mardi de l'action qu'il avait engagée contre le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, pour incitation à la haine raciale, en raison de sa circulaire visant expressément les évacuations des campements de Roms.
Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) s'est désisté mardi de l'action qu'il avait engagée contre le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, pour incitation à la haine raciale, en raison de sa circulaire visant expressément les évacuations des campements de Roms. — Bertrand Guay afp.com

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) s'est désisté mardi de l'action qu'il avait engagée contre le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, pour incitation à la haine raciale, en raison de sa circulaire visant expressément les évacuations des campements de Roms.

L'association avait lancé une procédure judiciaire contre Michel Bart, signataire de la circulaire du 5 août à l'origine d'un tollé en France et à l'étranger.

Selon l'avocat du Cran, Me Francis Terquem, ce désistement s'explique par une volonté "d'apaiser les choses".

Le Cran, a-t-il expliqué à l'AFP, "a reçu une lettre de regrets de M. Bart". En outre, "depuis une quinzaine de jours, le ministre de l'Intérieur a fait savoir au Cran qu'il s'engageait à ce qu'un Observatoire contre le racisme soit créé. Il est donc apparu utile au Cran d'apaiser ses relations avec le ministère."

La circulaire incriminée rappelait aux préfets les "objectifs précis" fixés par le président Nicolas Sarkozy : "300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d'ici trois mois, en priorité ceux des Roms".

"Il revient donc, dans chaque département, aux préfets d'engager (...) une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms", disait le texte.

Face aux nombreuses critiques suscitées par ce texte jugé discriminatoire à l'égard d'une population spécifique, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait signé le 13 septembre une nouvelle circulaire demandant aux préfets de poursuivre les évacuations de campements illicites "quels qu'en soient les occupants", sans mention de l'ethnie des personnes visées.

Le Cran estimait que "l'incitation par un directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur aux préfets (...) de démanteler principalement, voire exclusivement les camps de Roms, et d'en empêcher, à titre exclusif, la réinstallation, constitue une incitation à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une +ethnie, une nation, une race+".