Karachi: les déclarations de Sarkozy sonnent "comme un aveu" selon la fille d'une victime

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L'engagement du président Nicolas Sarkozy de remettre à la justice tous les documents relatifs à l'attentat de Karachi "sonnent comme un aveu, selon Magali Drouet, fille d'un salarié de la Direction des constructions navales (DCN) décédé lors de l'attentat.
L'engagement du président Nicolas Sarkozy de remettre à la justice tous les documents relatifs à l'attentat de Karachi "sonnent comme un aveu, selon Magali Drouet, fille d'un salarié de la Direction des constructions navales (DCN) décédé lors de l'attentat. — Lionel Bonaventure afp.com

L'engagement du président Nicolas Sarkozy de remettre à la justice tous les documents relatifs à l'attentat de Karachi "sonnent comme un aveu, selon Magali Drouet, fille d'un salarié de la Direction des constructions navales (DCN) décédé lors de l'attentat.

Réagissant aux déclarations de M. Sarkozy qui a promis samedi à Lisbonne que l'Etat communiquerait "naturellement" tous les documents sur ce dossier, Magali Drouet assure que "cela sonne comme un aveu", dans un entretien publié dimanche par le Parisien/Aujourd'hui en France.

Le président "reconnaît qu'il existe des documents intéressant l'instruction qui n'ont pas encore été transmis", précise-t-elle. "En expliquant qu'il les donnerait +en temps et heure+, il ignore cette séparation des pouvoirs qu'il nous opposait avant pour ne pas s'exprimer sur le dossier", ajoute la jeune femme. Mais "ce n'est pas à lui de décider", souligne-t-elle. "Nous exigeons qu'ils transmettent ces documents le plus vite possible".

Magali Drouet, qui a signé avec une autre fille de victime, Sandrine Leclerc, un livre intitulé "On nous appelle +les Karachi+", estime aussi qu'"on sent de la panique au plus haut niveau de l'Etat", après les déclarations de Dominique de Villepin, à l'époque secrétaire général de l'Elysée, se disant prêt à parler avec la justice.

"On sent de la panique au plus haut niveau de l'Etat et on ne peut que se réjouir que M. de Villepin sollicite une audition du juge", déclare la fille de Claude Drouet, chef d'équipe de la DCN, tué le 8 mai 2002 dans un attentat à Karachi. Selon Magali Drouet, "nos pères ne sont pas +morts pour la France+ mais +à cause de la France+", probablement parce que la France avait cessé de verser des commissions promises aux intermédiaires.

Le quotidien révèle en outre la disparition d'"environ 110.000 euros récoltés au lendemain du drame par l'association d'aide aux familles des victimes de l'attentat de Karachi" qui se sont "mystérieusement volatilisés".

Seulement 15.000 euros, sur un total de 123.000 euros de dons recueillis, ont été effectivement reversés aux familles des victimes, selon la même source.