Incendie à Dijon: les alarmes ont fonctionné, enquête "longue et difficile"

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L'enquête sur l'incendie d'un foyer de migrants dimanche matin à Dijon, qui a fait sept morts et cinq blessés entre la vie et la mort selon un dernier bilan, s'annonçait "longue et difficile" lundi, d'autant plus que l'alarme de l'immeuble a "fonctionné" selon le parquet.
L'enquête sur l'incendie d'un foyer de migrants dimanche matin à Dijon, qui a fait sept morts et cinq blessés entre la vie et la mort selon un dernier bilan, s'annonçait "longue et difficile" lundi, d'autant plus que l'alarme de l'immeuble a "fonctionné" selon le parquet. — Jeff Pachoud AFP

L'enquête sur l'incendie d'un foyer de migrants dimanche matin à Dijon, qui a fait sept morts et cinq blessés entre la vie et la mort selon un dernier bilan, s'annonçait "longue et difficile" lundi, d'autant plus que l'alarme de l'immeuble a "fonctionné" selon le parquet.

"L'état de santé d'un certain nombre de blessés a évolué dans la nuit et le pronostic vital est désormais engagé pour cinq d'entre eux, dont un enfant", a dit le Dr Hervé Roy, chef adjoint du Samu de Côte-d'Or.

Le bilan de l'incendie était lundi soir de sept morts et cinq blessés entre la vie et la mort dont un enfant, contre quatre la veille.

"Ce sera une enquête longue et difficile articulée autour de la recherche de l'origine de l'incendie, la cause de sa propagation rapide le long de l'immeuble et la vérification des systèmes d'alertes et de conception", a déclaré le procureur à Dijon, Eric Lallement.

Le rapport du laboratoire de police technique et scientifique de Lyon n'est pas attendu avant "plusieurs semaines", a-t-il précisé.

Selon le magistrat, "l'alarme du foyer a marché" le jour de l'incendie à l'instar des autres systèmes de détection et de protection du foyer comme l'a affirmé lundi la société Adoma (ex-Sonacotra), propriétaire de l'immeuble.

La direction d'Adoma a déclaré que "les équipements incendie, détecteurs de fumée, portes coupe-feu, alarmes incendie, ont fonctionné".

Selon elle, la résidence, qui compte 192 logements dont 80 places pour des demandeurs d'asile, est un bâtiment "entretenu" et la société "a consacré 1,2 million d'euros depuis 2005 à des travaux d'entretien et de mise en sécurité".

De même, tous ses logements autonomes ou ses chambres en unité de vie sont équipés de DAAF (détecteurs avertisseurs autonomes de fumée) et de portes coupe-feu, a encore dit Adoma.

Parti d'un feu de poubelle dont l'origine restait encore indéterminée, l'incendie, attisé par un vent violent, s'était très rapidement propagé aux neuf étages de ce foyer situé dans le quartier populaire de Fontaine d'Ouche, dont 141 résidents étaient présents.

Les premiers résultats des autopsies des sept mort --trois de nationalité française, deux de nationalité sénégalaise, une algérienne et la dernière vietnamienne--, pratiquées lundi, n'étaient pas encore connus, selon le parquet.

L'une des victimes est morte en sautant par la fenêtre du 7e étage. Les six autres ont péri asphyxiées par les fumées.

"Pour l'instant, nous n'avons pas de qualification pénale pour ces faits", a dit le procureur.

Le consul général du Sénégal, Léopold Faye, et le Pdg d'Adoma, Pierre Mirabeau, devaient se rendre lundi sur les lieux de l'incendie.

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, dépêché sur place dimanche après-midi, a réclamé de "savoir précisément ce qui s'est passé".

L'enquête a été confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon et à la Sûreté départementale de la Côte d'Or.