Incidents dans les établissements de réinsertion: Le gouvernement promet d'adapter les moyens

EDUCATION Luc Chatel a annoncé de nouvelles mesures...

© 2010 AFP

— 

Le gouvernement a promis lundi des moyens si nécessaires dans les établissements de réinsertion scolaire (ERS), alors que deux d'entre eux ont connu des incidents la semaine dernière, provoqués par des élèves originaires de Seine-Saint-Denis.
Le gouvernement a promis lundi des moyens si nécessaires dans les établissements de réinsertion scolaire (ERS), alors que deux d'entre eux ont connu des incidents la semaine dernière, provoqués par des élèves originaires de Seine-Saint-Denis. — Jean-Philippe Ksiazek AFP/Archives

Le gouvernement a promis lundi des moyens si nécessaires dans les établissements de réinsertion scolaire (ERS), alors que deux d'entre eux ont connu des incidents la semaine dernière, provoqués par des élèves originaires de Seine-Saint-Denis.

«Dysfonctionnements importants»

Les enseignants de Craon (Mayenne) ont déposé lundi un préavis de grève pour le 25 novembre, afin de dénoncer «les dysfonctionnements importants» de l'ERS dont l'ouverture au sein de leur collège, la semaine dernière, s'est accompagnée de violences. Ils reclament des changements d'organisation.

Les 34 professeurs, qui avaient exercé leur droit de retrait à la suite des bagarres du 9 novembre, ont repris les cours lundi, devant des effectifs très clairsemés (50 à 75% des élèves sont restés chez eux, selon les sources), l'association locale de parents d'élèves ayant appelé au boycott.

Le 9 novembre, des élèves du collège avaient été molestés par des pensionnaires de l'ERS ouvert la veille. Cinq des 14 jeunes venant de Seine-Saint-Denis avaient alors été renvoyés dans leur département d'origine. La même semaine, les huit élèves de l'établissement autonome installé à Portbail (Manche), près de Cherbourg, ont eux aussi été renvoyés en Seine-Saint-Denis.

Arrivés mardi dernier dans la Manche, deux ont été renvoyés deux jours plus tard après avoir notamment cassé les vitres du véhicule d'un éducateur. Samedi, les six autres étaient également renvoyés après une altercation accompagnée d'insultes à l'encontre d'un garçon de café de la station balnéaire, selon le maire de la commune, Guy Cholot.

Ce dernier continue à soutenir «le projet sur le fond», à condition qu'il bénéficie «d'un encadrement beaucoup plus soutenu»: «Les jeunes en réinsertion étaient encadrés par d'autres jeunes issus du service civique sans formation particulière», a-t-il dit.

«Il est normal qu'il y ait un temps d'adaptation»

Après avoir organisé lundi matin une réunion à ce sujet au ministère de l'Education nationale, le ministre Luc Chatel a déclaré qu'il «n'hésiterait pas à renforcer les moyens là où c'est nécessaire», y compris en encadrement. Chatel, qui a demandé un point quotidien à ses services, a ajouté que "les difficultés" des derniers jours ne remettaient cependant pas en cause le projet «ambitieux et nécessaire» que constituent les ERS.

«Il est normal qu'un projet tellement ambitieux ne soit pas facile à installer (...), il est normal qu'il y ait un temps d'adaptation», a affirmé de son côté l'inspecteur d'académie du 93, Pascal Auverlot.

Le SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissement, a rappelé ses réticences initiales, jugeant que "concentrer des élèves en difficulté de sociabilité au même endroit, quels que soient les efforts et les moyens déployés, est une évidente prise de risque".

Les ERS sont des internats regroupant pendant un an quelques élèves âgés de 13 à 16 ans ayant fait l'objet de multiples exclusions. Le gouvernement affirme que dix ont été ouverts depuis la rentrée, mais refuse d'en donner la liste. Ces internats doivent accueillir des élèves de la région, sauf dans le cas de Craon et Portbail, destinés à des élèves de Seine-Saint-Denis.