Journée de mobilisation: Plusieurs prisons bloquées

SOCIAL Les forces de l'ordre sont même intervenues à Fleury-Mérogis...

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Plusieurs prisons ont été bloquées lundi matin par leur personnel appelé à une journée nationale d'action.
Plusieurs prisons ont été bloquées lundi matin par leur personnel appelé à une journée nationale d'action. — Gerard Julien AFP

Plusieurs prisons ont été bloquées lundi matin par leur personnel appelé à une journée d'action nationale, La CGT a demandé à Michel Mercier, le nouveau ministre de la Justice, de recevoir les représentants des salariés et d'ouvrir la discussion sur la question des recrutements et du budget. «L'accueil est un peu brutal, mais je souhaite qu'il soit à la hauteur de la fonction, réalise qu'il y a urgence et nous reçoive le plus rapidement possible», a indiqué Céline Verzeletti, responsable de la CGT-Pénitentiaire.

A Fleury-Mérogis, les forces de l'ordre sont intervenues pour libérer l'accès à la maison d'arrêt. les gendarmes mobiles ont ainsi fait usage de gaz lacrymogènes ce lundi matin vers 8h devant la maison d'arrêt, dont l'entrée était bloquée par des surveillants. Une cinquantaine de manifestants, arrivés sur place vers 5h, avaient auparavant mis le feu à des palettes de bois. Les pompiers sont intervenus pour éteindre le feu, suivis de peu par les forces de l'ordre.

Gendarmes mobiles et surveillants se faisaient face devant l'entrée de la prison après la première salve de gaz lacrymogènes, sans tension particulière cependant.

Des actions annoncées dans toute la France

Outre Fleury-Mérogis, plus grand centre pénitentiaire d'Europe, des blocages et «filtrages» ont été signalés en tout début de matinée à Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne), Fresnes (Val-de-Marne), Vezin (près de Rennes), ainsi qu'à la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) à Marseille.

Des actions étaient annoncées pour lundi dans toute la France par plusieurs syndicats pénitentiaires (FO, CGT, CFDT, FSU), qui réclament davantage d'emplois et de moyens afin d'assurer leurs missions. D'autres rassemblements pourraient avoir lieu dans la journée, avant les prises de service des équipes de surveillants.

«On veut qu'on nous respecte un peu plus»

L'accès à la prison de Meaux-Chauconin était quant à lui bloqué depuis 6h, au niveau d'un rond-point, par une quarantaine de membres du personnel pénitentiaire qui ont distribué des tracts, a indiqué la CGT. «Nous voulons bien remplir notre mission» mais «il faut nous donner les moyens matériels et humains nécessaires», «on veut qu'on nous respecte un peu plus», a expliqué à l'AFP Nicolas Nisus, secrétaire local de la CGT. Selon la police, ce mouvement se poursuivait dans la matinée «dans le calme, sans incidents».

A Fresnes, plusieurs dizaines de manifestants s'étaient regroupés devant l'accès à la prison et n'ont laissé passer que les détenus appelés à comparaître au procès en appel du «gang des barbares» en cours à Créteil. Une trentaine de surveillants bloquaient également peu après 7h les entrées et sorties de la prison de Vezin-le-Coquet, en périphérie de Rennes. Les manifestants arboraient des pancartes réclamant notamment de meilleures conditions de travail et de salaire, ainsi qu'une amélioration du dialogue social.

A Marseille, une vingtaine d'agents FO et CGT se sont rassemblés à 06H30 devant les Baumettes puis, à 07H30, une trentaine d'agents bloquaient à l'aide de trois motos et d'une voiture l'accès à la direction interrégionale pénitentiaire Paca/Corse. L'accès à la prison n'était toutefois pas bloqué.