Remaniement: La presse fustige «la montagne de communication [qui] accouche d'une souris politique»

REVUE DE PRESSE Le gouvernement Fillon V suscite les réactions des éditorialistes ce lundii...

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Le nouveau gouvernement, où la continuité prime sur le changement, marque le renforcement du poids du désormais "hyper Premier ministre" François Fillon au détriment du chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, estiment les éditorialistes de la presse de lundi.
Le nouveau gouvernement, où la continuité prime sur le changement, marque le renforcement du poids du désormais "hyper Premier ministre" François Fillon au détriment du chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, estiment les éditorialistes de la presse de lundi. — Miguel Medina AFP/Archives

Le nouveau gouvernement, où la continuité prime sur le changement, marque le renforcement du poids du désormais «hyper Premier ministre» François Fillon au détriment du chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, estiment les éditorialistes de la presse de lundi.

«Une mascarade»

De prime abord, «la montagne de communication accouche d'une souris politique et la continuité prévaut largement sur le changement», comme l'écrit Laurent Joffrin dans Libération. «Tout ça pour ça», tranche Bruno Dive de Sud-Ouest. Jean-Claude Soulery, dans la Dépêche du midi, est plus sévère encore: «Après des mois d'hésitations, on a repris les mêmes en pire. Une mascarade.» Le même terme barre la Une de L'Humanité dont l'éditorialiste Patrick Apel-Muller dénonce «la comédie du remaniement ministériel (qui) a usé les tréteaux depuis des mois».

Pour Michel Urvoy, d'Ouest-France, «la surprise, c'est qu'il n'y en a pas» et Nicolas Sarkozy «confirme François Fillon, devenu son complément inséparable, par raison plus que par passion». Car la véritable nouveauté, d'après les éditorialistes, est le rôle prééminent du Premier ministre que Nicolas Sarkozy a qualifié naguère de «collaborateur». C'est désormais «Fillon, l'hyper Premier ministre», selon La Tribune.

«François Fillon s'incruste»

«Tous les candidats déclarés ou semi-déclarés avaient évidemment leurs qualités, mais aucun n'en réunissait autant que François Fillon», assure Paul-Henri du Limbert, dans les colonnes du Figaro. «François Fillon s'incruste. Le “collaborateur” s'est imposé à son patron», ironise Jean-Michel Bretonnier dans La Voix du Nord. «Il y a un mois à peine il était donné perdant. Visiblement, il a su s'imposer face au chef de l'Etat, fort de l'appui indéfectible des parlementaires UMP», analyse Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne.

«L'effet de surprise est là: le condamné est gracié. Relégitimé, il en sort plus fort et peut espérer rééquilibrer le couple exécutif à son avantage», renchérit Didier Louis du Courrier picard. Pour Olivier Picard, des Dernières Nouvelles d'Alsace, «le chef du gouvernement gagne sur tous les tableaux: non seulement, il reste, mais il conquiert une extension de son autonomie politique.»

«Un "vrai" Premier ministre»

Qualifié par Philippe Waucampt (Républicain lorrain) de «vrai patron de la majorité», François Fillon démontre par sa reconduction «que le roi est nu». En effet, «rarement un président de la République n'aura paru se faire autant forcer la main dans cet exercice», fait valoir Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées. «Les désirs du président, tout hyper soit-il, ne sont plus des ordres», commente Xavier Panon dans La Montagne.

«Et c'est ainsi que François Fillon, émancipé, va enfin passer du statut de «collaborateur» à celui de "vrai" Premier ministre», conclut Jacques Camus dans La République du Centre.