Les syndicats pénitentiaires appellent à une journée d'action et aux blocages

MOBILISATION Ils réclament davantage d'emplois et de moyens afin d'assurer leurs missions...

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Les gendarmes mobiles ont fait usage de gaz lacrymogènes lundi vers 08H00 devant la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), dont l'entrée est bloquée par des surveillants appelés à une journée d'action nationale.
Les gendarmes mobiles ont fait usage de gaz lacrymogènes lundi vers 08H00 devant la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), dont l'entrée est bloquée par des surveillants appelés à une journée d'action nationale. — Mehdi Fedouach AFP/Archives

Des blocages de prisons dans toute la France sont annoncés pour ce lundi par plusieurs syndicats pénitentiaires, qui organisent une journée d'action pour réclamer davantage d'emplois et de moyens afin d'assurer leurs missions.

«Le 15 novembre, un seul mot d'ordre: des pneus, des palettes et du feu!», écrit dans un tract FO-Pénitentiaire, une des organisations de «l'entente syndicale» à l'origine du mouvement, avec la CGT, la CFDT et la FSU. Selon les syndicats, des rassemblements sont prévus devant plusieurs dizaines d'établissements ou directions régionales des services pénitentiaires.

Le principal syndicat de surveillants pas impliqué

Dans la plupart des cas, rendez-vous a été donné très tôt, à 6h30 ou 7h00, avant les prises matinales de service des surveillants. Certains établissements devraient être «bloqués» par les manifestants, qui prévoient d'empêcher l'extraction de prisonniers. Le principal syndicat de surveillants, l'Ufap/Unsa (Union fédérale autonome pénitentiaire), ne fait cependant pas partie de «l'entente» syndicale. Il dit préférer procéder à une évaluation précise des besoins en personnel avant d'appeler à une éventuelle mobilisation.

Présentée comme un premier «coup de semonce» par les syndicats participants, cette journée fait suite à une action engagée en septembre dans les tribunaux, l'ensemble de la chaîne judiciaire déplorant un manque criant de moyens. Le budget de la justice pour 2011 est certes le seul, avec celui de l'enseignement supérieur, à augmenter, et le seul, avec les services du Premier ministre, à bénéficier de créations nettes d'emplois (+550). Mais partant de très loin, il ne satisfait pas grand monde.

Besoin de 4.000 personnes supplémentaires

«La ministre nous dit que c'est le seul budget qui recrute. Oui, mais c'est pour les nouveaux établissements, il n'y a rien pour le parc pénitentiaire existant», affirme Christophe Marquès, secrétaire général de FO-Pénitentiaire. L'Administration pénitentiaire a besoin de 4.000 personnes supplémentaires, «sans même parler des nouvelles missions» qui doivent lui être dévolues, renchérit sa collègue de la CGT, Céline Verzeletti.

Les «nouvelles missions» sont notamment des tâches de transfèrement de détenus ou de sécurité des audiences, assurées jusqu'à présent par les forces de l'ordre.

«Faire aussi bien avec moins d'effectifs»

Annoncé dans le budget 2011, ce nouveau partage des tâches doit être expérimenté dans deux régions et progressivement généralisé sur trois ans. Selon la Chancellerie, 800 emplois doivent pour cela être transférés de l'Intérieur vers la Justice. Pour les syndicats, cela ne suffira pas. «Aux dernières nouvelles, ce n'est pas le chiffre que nous souhaitons; on va nous demander de faire aussi bien, sinon mieux, avec moins d'effectifs que ce qu'ont les policiers et les gendarmes», a estimé Christophe Marquès.

«Nous voulons des emplois, et une valorisation de la profession, qui passe par l'indemnitaire (salaires, primes...) et le statutaire», a-t-il souligné, ajoutant: «Il faut que le ministère ouvre des négociations.»