Mort du petit Younes: le père entendu par un juge d'instruction

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Le père du petit Younes Jratlou, un garçon belge de 4 ans mort dans des conditions mystérieuses il y a un an, était auditionné mardi par la juge d'instruction chargée de l'affaire, ont indiqué des sources judiciaires, alors que l'enquête semble être relancée.
Le père du petit Younes Jratlou, un garçon belge de 4 ans mort dans des conditions mystérieuses il y a un an, était auditionné mardi par la juge d'instruction chargée de l'affaire, ont indiqué des sources judiciaires, alors que l'enquête semble être relancée. — Abdelhak Senna AFP/Archives

Le père du petit Younes Jratlou, un garçon belge de 4 ans mort dans des conditions mystérieuses il y a un an, était auditionné mardi par la juge d'instruction chargée de l'affaire, ont indiqué des sources judiciaires, alors que l'enquête semble être relancée.

"La juge procède à l'audition du père", Mohamed Jratlou, déjà entendu la veille par la police, a déclaré à l'AFP le procureur de Tournai (ouest), Marie-Claude Maertens, se refusant à tout autre commentaire.

L'avocat du père, Me Xavier Magnée, a confirmé cette audition dans le palais de justice de Tournai, en indiquant toutefois ne pas avoir d'informations sur la nature des soupçons pesant sur son client.

Ce dernier a été déjà entendu la veille par la police "qui a posé des scellés sur la maison familiale", a-t-il précisé.

Younes Jratlou, d'origine marocaine, avait disparu dans la nuit du 25 au 26 octobre 2009 du domicile familial dans le village du Bizet, sur la commune de Comines (ouest de la Belgique), profitant d'une porte laissée ouverte pendant une dispute entre ses parents, selon le témoignage de son frère aîné, âgé de neuf ans.

Son corps avait été retrouvé le 11 novembre dans une rivière, la Lys, à environ 12 kilomètres de là, soit une distance trop longue pour qu'un garçonnet à peine vêtu puisse la parcourir seul, en pleine nuit de surcroît.

Selon les médias belges, la police a relancé ses investigations. Les enquêteurs et des membres de la police scientifique se sont rendus lundi dans la maison familiale où vivait le petit garçon, procédant à des saisies d'objets.

La police a aussi à cette occasion entendu le père à son domicile dans la soirée, avant de l'emmener au commissariat.

Me Magnée a indiqué à l'AFP avoir aperçu brièvement mardi son client dans le palais de justice de Tournai, "entouré de deux Cerbères de la police", juste avant qu'il ne soit déféré devant la juge d'instruction, Françoise Van de Noort Gaethe.

Il n'a pas été autorisé à assister à cette audition, ce dont il s'est plaint à la juge.

L'avocat a mis en avant une jurisprudence dite Salduz, du nom d'un l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme qui, depuis novembre 2008, prévoit en principe le droit pour toute personne interrogée par la justice d'être assistée par un avocat dès sa première audition par la police, le juge d'instruction ou le procureur.

Mohammed Jratlou, objet de rumeurs, a déjà été à plusieurs reprises entendu par les enquêteurs belges. Clamant son innocence, il avait affirmé à la presse, en novembre 2009, que son fils avait été enlevé puis étouffé.

Il n'a pas été mis en cause par la justice belge. Séparée de son mari après la disparition de son fils, la mère de Younes vit à nouveau avec lui et avec le frère de Younes.

La cause du décès du garçonnet n'a toujours pas été dévoilée officiellement par la justice belge.