Arrivée en France de 35 Irakiens blessés dans l'église catholique de Bagdad

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Trente-cinq Irakiens, blessés le 31 octobre dans l'attaque par un commando d'Al-Qaïda de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, sont arrivés lundi soir à l'aéroport parisien d'Orly
Trente-cinq Irakiens, blessés le 31 octobre dans l'attaque par un commando d'Al-Qaïda de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, sont arrivés lundi soir à l'aéroport parisien d'Orly — Bertrand Guay AFP

Trente-cinq Irakiens, blessés le 31 octobre dans l'attaque par un commando d'Al-Qaïda de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, sont arrivés lundi soir à l'aéroport parisien d'Orly.

Provenant de Bagdad, l'avion médicalisé de la compagnie aérienne française Aigle Azur s'est posé vers 22H45 à Orly. Ce transport s'est fait dans le cadre d'un rapatriement sanitaire organisé par la France.

L'avion a transporté 35 blessés, dont 34 chrétiens et un garde du corps musulman, ainsi que 19 accompagnateurs. Ils ont été accueillis à leur arrivée par des proches et le ministre de l'Immigration, Eric Besson, qui s'est entretenu avec certains d'entre eux.

Les blessés ont ensuite été orientés vers des hôpitaux de la région parisienne, où leurs accompagnateurs pourront les visiter dès mardi.

"Dès demain (mardi, ndlr), ils vont avoir une carte provisoire de demandeur d'asile, valable six mois et renouvelable, avec autorisation de travail. Et ils pourront faire une demande d'asile. Cet asile leur sera très généreusement accordé", a déclaré M. Besson après leur départ.

"Ce qui est touchant, c'est que les Irakiens ont tous envie de raconter, tous disent +vous ne pouvez pas imaginer+" ce qui s'est passé à Bagdad, a raconté M. Besson après leur avoir parlé.

"Ce qui me frappe, c'est à quel point ils ont souffert psychologiquement", a ajouté le ministre, car dans l'église de Bagdad, "il y a eu six heures de terreur absolue, ils sont marqués, terrorisés".

"Il faut assumer les deux facettes, fermeté contre l'immigration irrégulière (...) et en même temps générosité, asile, c'est un tout", a justifié M. Besson. Peu avant l'atterrissage, semblant vouloir prévenir les critiques, il avait déjà dit: "La France, lorsqu'elle mène des opérations de solidarité, elle ne se pose pas la question de la couleur de la peau ni de la religion".

Au total, 46 civils, dont deux prêtres, et sept membres des forces de sécurité avaient péri dans le carnage du 31 octobre quand, en pleine messe, des hommes armés avaient fait irruption dans la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours, dans le centre de Bagdad. L'attaque avait aussi fait une soixantaine de blessés.

Cette évacuation s'inscrit dans le cadre d'une initiative annoncée en 2007 par la présidence française, et visant à accueillir des Irakiens "appartenant à des minorités religieuses vulnérables". Depuis cette date 1.300 chrétiens d'Irak ont été accueillis en France.

Après l'attaque du 31 octobre, Eric Besson avait demandé à ses services d'accueillir 150 personnes au total. Un second groupe de 93 Irakiens doit être évacué prochainement.

Al-Qaïda a qualifié récemment les chrétiens d'Irak de "cibles légitimes".