Irak: 35 blessés dans l'attaque de l'église accueillis en France

SOLIDARITE lls ont été accueillis lundi soir à Orly par Eric Besson...

© 2010 AFP

— 

Trente-cinq Irakiens blessés dans l'attaque de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, menée le 31 octobre par un commando d'Al-Qaïda, se sont envolés lundi dans la soirée pour se faire soigner à Paris, dans le cadre d'un rapatriement sanitaire organisé par la France.
Trente-cinq Irakiens blessés dans l'attaque de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, menée le 31 octobre par un commando d'Al-Qaïda, se sont envolés lundi dans la soirée pour se faire soigner à Paris, dans le cadre d'un rapatriement sanitaire organisé par la France. — Ahmad al-Rubaye AFP

Trente-cinq Irakiens blessés dans l'attaque de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, menée le 31 octobre par un commando d'Al-Qaïda, sont arrivés lundi en fin de soirée pour se faire soigner à Paris, dans le cadre d'un rapatriement sanitaire organisé par la France. Ils ont été accueillis à leur arrivée à Orly par le ministre de l'Immigration, Eric Besson.

L'avion médicalisé de la compagnie française Aigle Azur a décollé de Bagdad vers 19h, selon un diplomate français, soit plus de deux heures après l'horaire prévu, en raison notamment du retard des ambulances acheminant les blessés les plus graves, bloqués par l'intense trafic de la capitale irakienne.

L'appareil s'était posé peu avant 14h pour prendre en charge 36 blessés, tous des fidèles chrétiens à l'exception d'un garde du corps musulman, et 21 accompagnateurs.

Mais un des blessés n'a pas pu monter à bord, son état de santé étant jugé trop délicat, a précisé après le décollage une source aéroportuaire. Les deux personnes l'accompagnant sont également restées à Bagdad.

«Une opération humanitaire d'urgence»

«Le choix du rapatriement s'est fait en fonction de la gravité des blessures, en étroite coopération entre l'ambassade et l'évêché syriaque catholique", avait expliqué auparavant le diplomate dans la salle d'attente de l'aéroport.

«C'est une opération humanitaire d'urgence qui s'inscrit dans la tradition française humaniste», avait-il ajouté, tout en pointant, avec le père dominicain Amir Jajé, la liste des partants.

Si 12 des blessés ont été acheminés par ambulance directement jusque sur le tarmac, les personnes en état de se mouvoir ont rejoint l'aéroport par leurs propres moyens.

Au total, 46 civils, dont deux prêtres, ont péri, ainsi que sept membres des forces de sécurité dans le carnage du 31 octobre quand, en pleine messe, des hommes armés ont fait irruption dans la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours, dans le centre de Bagdad. Cette attaque a fait aussi une soixantaine de blessés.

«Rentrer au plus vite chez moi»

Yasmine Eldir, 51 ans, a été touchée par des éclats de grenade aux jambes et au dos. Allongée sur une banquette de l'aéroport au départ de Bagdad, elle remerciait Dieu d'être en vie, et la France pour cette prise en charge, avant de fondre en larmes.

«Je souhaite être soignée et rentrer au plus vite chez moi, je souhaite que tous les Irakiens vivent en paix. Que Dieu protège toutes les religions», a-t-elle imploré, entre deux sanglots.

Assis un peu plus loin, Douraïd George préférerait, lui, ne jamais revenir.

Sa vie, il la doit à un couple qui, dans la panique, s'est pressé contre lui, faisant rempart de leurs corps. Tous les deux sont morts, lui a reçu une balle dans la cheville gauche, une autre au-dessus du genou et les médecins ont jugé son évacuation préférable.

«Effaré par la froideur des terroristes»

«Je suis effaré par la froideur des terroristes. Ils ont laissé certains blessés se vider de leur sang pendant deux heures», raconte l'employé d'une société de transport âgé de 47 ans.

L'appareil était attendu après 22h30 à l'aéroport d'Orly, au sud de Paris, où «un très gros dispositif» est prévu, selon le diplomate, pour les orienter vers les hôpitaux de la région, dont ceux de Percy, à Clamart, et Bicêtre.

Cette évacuation s'inscrit dans le cadre d'une initiative annoncée en 2007 par la présidence française, et visant à accueillir des Irakiens «appartenant à des minorités religieuses vulnérables». Depuis cette date, 1.300 chrétiens d'Irak ont été accueillis en France.

Après l'attaque du 31 octobre, le ministre français de l'Immigration, Eric Besson, avait demandé à ses services d'accueillir 150 personnes supplémentaires. Un second groupe de 93 Irakiens doit être évacué prochainement.

Dimanche, lors de la première messe dans la cathédrale depuis l'attaque, de nombreux chrétiens ont juré qu'ils resteraient en Irak malgré les menaces d'Al-Qaïda, qui vient de les qualifier de «cibles légitimes».