Rentrée des lycéens sans blocage, les jeunes appelés à défiler samedi

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La rentrée des lycéens après les vacances de la Toussaint s'est déroulée jeudi sans blocage et dans le calme, avec quelques manifestations dans de grandes villes, l'objectif de leurs organisations comme de celles des étudiants étant surtout de faire défiler les jeunes samedi.
La rentrée des lycéens après les vacances de la Toussaint s'est déroulée jeudi sans blocage et dans le calme, avec quelques manifestations dans de grandes villes, l'objectif de leurs organisations comme de celles des étudiants étant surtout de faire défiler les jeunes samedi. — Pierre Andrieu AFP/Archives

La rentrée des lycéens après les vacances de la Toussaint s'est déroulée jeudi sans blocage et dans le calme, avec quelques manifestations dans de grandes villes, l'objectif de leurs organisations comme de celles des étudiants étant surtout de faire défiler les jeunes samedi.

A Paris, quelque 300 lycéens et étudiants se sont rassemblés devant la faculté de Jussieu, aux cris de "Assez de la précarité!".

A Lyon, entre 400 et 1.000 jeunes, selon les sources, ont défilé avec comme slogan "Cette société là, on n'en veut pas", à Toulouse ils étaient 400 étudiants dans les rues et à Nantes 350 personnes ont défilé, selon la police, 150 jeunes et 200 salariés.

En revanche, il n'y a pas eu de lycées bloqués, contrairement aux deux semaines de forte mobilisation lycéenne d'avant les vacances.

Devant les lycéens parisiens Turgot et Voltaire ou devant celui de Joliot-Curie à Nanterre, qui fut un haut lieu de la contestation avant les congés d'automne, il régnait jeudi matin un grand calme, a constaté l'AFP.

"Nous organisons des assemblées générales et des rassemblements jeudi et vendredi, afin de mobiliser le plus de lycéens possible pour samedi", huitième journée interprofessionnelle contre la réforme des retraites, a expliqué à l'AFP Juliane Charton, trésorière de l'Union nationale lycéenne (UNL).

"La mobilisation continue!", a résumé la première organisation lycéenne dans un communiqué, en réclamant "des mesures concrètes contre la précarité" et "une réelle politique d'emploi, notamment d'emploi public" pour les jeunes.

Même son de cloche à l'Unef, principale organisation étudiante, qui a organisé une cinquantaine d'assemblées générales cette semaine dans les universités afin de mobiliser pour samedi.

Jeudi, celles de Grenoble-2, Le Havre, Limoges et Nantes étaient perturbées à des degrés divers et Lyon-2 fermée administrativement, selon le ministère de l'Enseignement supérieur.

A Toulouse-Le Mirail, le blocage a été voté en assemblée générale jusqu'à mardi prochain au moins, selon un syndicat et la direction.

A partir de mi-octobre, les jeunes, lycéens surtout, avaient rejoint massivement les salariés dans la lutte contre la réforme des retraite, mais le gouvernement pariait sur un reflux du mouvement après le vote de la loi et avec les vacances, et il y a eu moins de manifestants lors de la journée du 28 octobre.

Malgré plusieurs universités perturbées, les étudiants n'ont pas véritablement pris le relais des lycéens. Il faut dire qu'il s'agissait de leur quatrième mobilisation en cinq ans, après celles contre le CPE en 2006, contre la loi LRU d'autonomie des universités à l'automne 2007 et la longue contestation universitaire de 2009.

"Il n'y a jamais eu, de la part des étudiants qui sont vraiment là pour étudier, pour avoir une bonne formation, pour avoir un diplôme et une insertion, de volonté de voir bloquées leurs facs", a estimé mercredi au Talk Orange-Le Figaro la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.

"Nous dirons samedi que nous ne voulons pas de promulgation de la loi, et il n'est pas question de remettre le couvercle sur les questions posées par les jeunes, en matière d'emploi et de précarité notamment", a affirmé pour sa part à l'AFP le président de l'Unef, Jean-Baptiste Prévost.

Selon une étude du ministère de l'Emploi, la hausse du taux de chômage en France a été, de mi-2008 à fin 2009, près de deux fois plus rapide pour les jeunes (de 15 à 29 ans) que pour tous les actifs.