Evacuation d'un camp de Roms en plein centre de Lyon

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Les forces de l'ordre ont lancé mercredi à l'aube une opération d'évacuation d'un camp illégal de Roms, devenu symbolique en raison de sa visibilité en plein centre de Lyon.
Les forces de l'ordre ont lancé mercredi à l'aube une opération d'évacuation d'un camp illégal de Roms, devenu symbolique en raison de sa visibilité en plein centre de Lyon. — Philippe Merle AFP

Les forces de l'ordre ont lancé mercredi à l'aube une opération d'évacuation d'un camp illégal de Roms, devenu symbolique en raison de sa visibilité en plein centre de Lyon.

Sur une parcelle située à deux pas de la gare centrale de la Part-Dieu, 52 personnes, dont 24 enfants, installées sur un camp de fortune ont été évacuées dans le calme, sur décision judiciaire, avant que les bulldozers ne détruisent leurs baraquements.

"Les forces de l'ordre étaient là avant 6H00 pour mettre en place un dispositif de sécurité. Quand nous sommes arrivés vers 6H15, il nous a été impossible de rentrer", a déclaré à l'AFP Carole Martin, coordinatrice de l'ONG Médecins du monde.

"Mardi soir, il restait une cinquantaine de personnes sur le camp. Au départ, ils étaient 150 mais depuis qu'ils se savaient menacés, certains étaient partis de peur d'une expulsion", a-t-elle ajouté.

Début septembre, le tribunal administratif de Lyon avait rendu un arrêté demandant le démantèlement de ce camp situé sur un terrain appartenant aux Réseau Ferré de France et au Conseil général du Rhône. Le délai imparti par la justice aux familles avait expiré la semaine dernière.

"On est parti car il y avait la police derrière nous", a témoigné Simona, une Rom de 25 ans installée dans le camp depuis un an. "On ne veut pas rentrer en Roumanie. Là-bas, nous n'avons pas de maison, on vit dans des cabanes comme ici. On veut rester en France mais on ne sait pas où on va dormir".

Selon la préfecture, après trois heures d'évacuation, une famille avec cinq enfants à été "mise à l'abri" dans un hébergement pour une nuit, 15 personnes ont accepté le retour volontaire dans leur pays et une personne s'est vu notifier une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

"Ce bidonville était symbolique car tout le monde pouvait le voir, surtout depuis les trains. On ne sait pas ce que les évacués vont devenir maintenant. Beaucoup souffrent de maladies, il y a de nombreux enfants en bas âge et de femmes enceintes et ça va être dur pour nous de les suivre", a déclaré Andrée Humbertclaude, bénévole de Médecins du monde.

En septembre, un camp de Roms situé à Pierre-Bénite, dans la banlieue de Lyon, avait été évacué après saisie de la justice par la communauté urbaine du Grand Lyon, propriétaire du terrain.