Amélie Castera Cet ex-championne de tennis est également énarque

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« Amélie Mauresmo ? Nous nous entraînions toutes les deux à Rolland-Garros et je l’ai toujours battue », s’amuse Amélie Castera, 27 ans, une lueur de fierté dans les yeux. Ex-tenniswoman aux débuts prometteurs, cette ancienne élève de l’Ecole nationale d’administration (ENA) est la preuve qu’il ne faut pas forcément sortir des grands lycées parisiens pour accéder à la prestigieuse institution, qui fête ses 60 ans ce mois-ci. Joueuse professionnelle dès l’âge de 14 ans, et 30 fois sélectionnée en équipe de France, Amélie a été championne d’Europe des moins de 16 ans, et du monde chez les moins de 14 ans. Le lycée, c’était le soir, après les cinq heures d’entraînement, et par correspondance. Mais Amélie Castera a compensé ce parcours scolaire chaotique par une volonté qui se lit dans ses yeux. « J’aimais bien travailler, ça me vidait l’esprit », se souvient la jeune femme. Le bac en poche, Amélie consacre un an au tennis avant de tout arrêter après une élimination au dernier tour des qualifications à Roland-Garros. « Elle aurait pu faire une belle carrière malgré de petites limites physiques, et c’est toujours triste de voir un espoir disparaître, même si c’était un bon choix », estime Lionel Faugières, l’entraîneur de ses 12 ans. Mais pour Amélie, aujourd’hui auditrice à la Cour des comptes, « le tennis, c’était trop de sacrifices pour peu de certitudes ». Quelques mois après avoir raccroché, elle intègre Sciences-Po Paris, puis l’Essec, une grande école de commerce, avant d’entrer à l’ENA, dont elle a beaucoup apprécié l’enseignement, même si « les propositions originales n’y sont pas assez valorisées ». Aujourd’hui, Amélie ne joue presque plus au tennis, mais sa première vie sur les courts l’a marquée. « J’ai acquis une certaine force mentale et surtout le goût de l’effort », assure, l’air sérieux, l’auditrice en tailleur-pantalon noir. Au bureau de 8 h 30 à 20 h tous les jours, elle envisage à long terme une carrière politique et déplore que « le goût du travail » soit aussi peu présent dans les mentalités françaises. Des regrets ? De la nostalgie au moment de Roland-Garros ? « Ça me fait bizarre mais je ne regrette rien. Intellectuellement, le tennis, c’est limité. Je préfère les dossiers ! » Tiphaine Boucher-Casel

Jean-Christophe Boccon-Gibod, énarque et ami d’enfance « On ne peut pas faire aussi bien tout ce que l’on entreprend, sans une forme de fierté. » Anne-Gaëlle Sidot, ex-tenniswoman « On s’est entraînées trois ans ensemble, vers l’âge de dix ans. Elle était assez douée et très perfectionniste, avec elle et avec les autres. Nous étions trop jeunes pour nouer une amitié, mais je n’ai pas le souvenir de quelqu’un qui s’amusait beaucoup. » Patrice Dominguez, directeur technique national de la FFT « Je l’ai connue petite et je jouais avec sa mère au tennis. C’était une excellente gauchère mais vu ses capacités intellectuelles, elle a fait le bon choix. »