La compagnie française Aigle Azur inaugure samedi le premier vol direct depuis 20 ans d'un transporteur européen sur Bagdad, permettant de relancer les échanges économiques franco-irakiens et atténuant l'isolement de l'Irak dans le ciel international.
La compagnie française Aigle Azur inaugure samedi le premier vol direct depuis 20 ans d'un transporteur européen sur Bagdad, permettant de relancer les échanges économiques franco-irakiens et atténuant l'isolement de l'Irak dans le ciel international. — Ali al-Saadi AFP/archives

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La compagnie Aigle Azur inaugure le premier vol européen sur Bagdad depuis 20 ans

La compagnie française Aigle Azur inaugure samedi le premier vol direct depuis 20 ans d'un transporteur européen sur Bagdad, permettant de relancer les échanges économiques franco-irakiens et atténuant l'isolement de l'Irak dans le ciel international.

La compagnie française Aigle Azur inaugure samedi le premier vol direct depuis 20 ans d'un transporteur européen sur Bagdad, permettant de relancer les échanges économiques franco-irakiens et atténuant l'isolement de l'Irak dans le ciel international.

Un Airbus A319 décollera à 23H30 de l'aéroport parisien de Roissy, pour atterrir 05h15 plus tard. La secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, y prendra place, accompagnée d'une quarantaine d'hommes d'affaires français.

Les vols commerciaux entre les deux capitales, autrefois exploités par Air France, ont été suspendus après l'invasion du Koweït par l'Irak en août 1990.

"C'est un événement historique puisqu'il s'agit de la première ligne régulière directe d'une compagnie européenne entre une capitale occidentale et Bagdad depuis 20 ans", résume Boris Boillon, ambassadeur de France en Irak.

"Paris devient de facto la porte d'entrée de l'Irak et cela signe le retour de l'Irak sur la scène internationale. Psychologiquement, c'est très important pour les Irakiens", dit-il.

Aigle Azur, propriété de la famille franco-algérienne Idjerouidene, exploitera début 2011 deux vols hebdomadaires au départ de Roissy, deuxième plateforme de correspondances en Europe après Londres.

Elle devance d'autres compagnies européennes qui envisagent d'ouvrir une ligne vers Bagdad potentiellement lucrative grâce à une clientèle affaire occidentale.

"Nous avons décidé de repousser l'ouverture de Munich-Bagdad, initialement prévue le 30 septembre. La demande était trop faible. Mais nous restons déterminés à ouvrir une ligne vers Bagdad", rappelle un porte-parole de Lufthansa, qui dessert déjà Erbil (Kurdistan).

De son côté, Aigle Azur négocie un partenariat avec Air France-KLM pour drainer la clientèle internationale.

Jusqu'à présent, les Européens étaient contraints de faire escale en Jordanie ou Turquie pour rallier Bagdad.

Selon Mme Idrac, ce vol direct "facilitera les échanges économiques (entre les deux pays) au moment où ils connaissent une croissance très importante surtout depuis la visite du président Nicolas Sarkozy".

Autrefois partenaire privilégié du régime de Saddam Hussein, la France est actuellement un acteur marginal en Irak, où ses investissements ne pèsent que 1% des placements étrangers, loin derrière Syrie, Turquie ou Iran.

Paris a certes doublé en 2009 ses exportations, qui ont atteint 413 millions d'euros, selon la mission économique française à Bagdad. Mais ce montant reste très faible au regard du marché de reconstruction du pays, estimé à 600 milliards de dollars (434 milliards d'euros).

"Il est impensable que les entreprises françaises ne participent pas à la reconstruction de l'Irak", commente Mme Idrac qui participera à la Foire de Bagdad et signera des accords de coopération agricole et de protection des investissements.

D'autres accords seront signés par des sociétés françaises.

Sanofi-Aventis s'engagera à fournir à la société publique Kimadia des médicaments de qualité et soutenir le développement du secteur médical irakien.

Eurocopter (EADS) a signé avec le ministre de l'Agriculture un contrat de 20 millions d'euros pour la vente de sept hélicoptères Ecureuil pour l'épandage d'engrais.

"On est en train de passer du symbole (la volonté politique) à la réalité des affaires", résume Christophe Lecourtier, directeur général de l'Agence française pour le développement international des entreprises (Ubifrance). "La ligne Paris-Bagdad est un pipeline pour les hommes d'affaires".