Carburant: retour à la normale progressive mais la Toussaint se profile

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La situation était en légère amélioration dans les stations-service et les raffineries jeudi matin, pour la nouvelle journée d'action contre la réforme des retraites, mais le retour à la normale pourrait être retardé par les départs liés au week-end de la Toussaint.
La situation était en légère amélioration dans les stations-service et les raffineries jeudi matin, pour la nouvelle journée d'action contre la réforme des retraites, mais le retour à la normale pourrait être retardé par les départs liés au week-end de la Toussaint. — Anne-Christine Poujoulat AFP

La situation était en légère amélioration dans les stations-service et les raffineries jeudi matin, pour la nouvelle journée d'action contre la réforme des retraites, mais le retour à la normale pourrait être retardé par les départs liés au week-end de la Toussaint.

+ STATIONS-SERVICE: toujours une sur cinq sans carburant

"La situation se stabilise autour de 20% (de stations à sec)", a indiqué à l'AFP Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

Les importations et les stocks permettent de satisfaire la demande, qui reste "extrêmement soutenue", de l'ordre de 30 à 40% de plus que l'an dernier.

Le groupe pétrolier Total comptabilise quant à lui encore 990 stations-service en situation de pénurie sur 4.300, contre 1.200 mercredi.

Au total, selon Total, deux dépôts étaient bloqués jeudi matin, à Brest et Valence, contre 3 ou 4 la veille.

Selon l'Ufip, la situation diffère suivant les régions: plutôt bonne dans le Nord, très difficile dans l'Ouest et l'Ile-de-France.

Le site internet Zagaz recense lui 24% des stations encore en manque d'un ou plusieurs carburants, contre 27% mercredi après-midi.

Le retour à la normale devrait prendre encore un peu de temps, l'Ufip tablant sur le début de la semaine prochaine. "On est dans la dernière ligne droit", résume M. Schilansky.

Il faudra tenir compte du week-end qui se profile, celui de la Toussaint, avec lundi 1er novembre férié, l'un des plus chargés sur les routes dans l'année.

Observation confirmée par un grand distributeur pour qui les queues à la pompe sont un peu moins longues.

De leur côté, les transporteurs, par la voix de la Fédération nationale des transports routiers, estiment que le retour à la normale prendra au moins "deux ou trois semaines", pointant une hausse du prix des carburants de 10 à 15%.

+ RAFFINERIES: l'expédition de brut reprend à Berre

Après la reprise du travail mercredi à La Mède (Bouches-du-Rhône) et Petit-Couronne (Seine-Maritime), 6 raffineries - dont 5 du groupe Total - sur 12 étaient toujours en grève total ou partielle jeudi matin.

"A partir de la semaine prochaine, j'espère que les raffineries vont recommencer à fonctionner", a indiqué M. Schilansky, rappelant que "la question-clé aujourd'hui, c'est le pétrole brut et le blocage des terminaux pétroliers".

La situation s'améliore côté expéditions, puisque huit raffineries parviennent désormais à expédier du carburant.

Dans la raffinerie de Lavéra (Bouches-du-Rhône), les expéditions ont repris pendant certaines vacations mercredi. Une assemblée générale est prévue vendredi.

Les salariés de la raffinerie de LyondellBasell à Berre (Bouches-du-Rhône) ont décidé jeudi de dégager le dépôt qu'ils bloquaient depuis le 12 octobre et permettre ainsi les expéditions de produits finis.

Les opérations de distillation en revanche ne pouvaient toujours pas se dérouler, faute de brut.

+ TERMINAUX PETROLIERS: toujours pas d'approvisionnement en brut

La situation jeudi matin était identique à celle de la veille, c'est-à-dire celle de terminaux en grève, bloquant l'approvisionnement en pétrole brut de la plupart des raffineries françaises.

C'est le cas des terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), du Havre (Seine-Maritime) et de Donges (Loire-Atlantique)

A Fos, la grève en est à son 32e jour, les terminaux étant toujours à l'arrêt, a indiqué le port de Marseille jeudi matin.

20 pétroliers de brut et 15 pétroliers de raffinés sont en attente sur la rade de Fos et 18 de brut et 5 de raffinés sur la rade de Marseille.