Les alters répètent le G8 dans le Morvan

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Comment gérer une confrontation avec la police ? Début juin, quelque part dans le Morvan, une trentaine d’altermondialistes, moyenne d’âge 25 ans, se sont préparés à cette éventualité. Membres de Rhythms of Resistance, réseau européen batucada (orchestre de percussions brésiliennes), ils participent au « contre-sommet » du G8 organisé depuis hier et jusqu’au 8 juillet à Gleneagles, en Ecosse. Leur credo, la lutte politique « pacifique, festive et ludique ». Danseurs et musiciens ont attaqué dès 9 h 30. Les instructions se font par signe : changement de morceaux, formation en ligne, en cercle, ou en bloc compact, déplacement, course, séparation en petites unités. Tout est pensé pour anticiper une confrontation avec la police et limiter l’effet paniquant que peuvent susciter des mouvements de masse. Une batucada peut rassembler une centaine de personnes, jouant inlassablement au milieu de la foule « pour dynamiser et apaiser les gens à la fois », explique Jean, un membre de Rhythms of Resistance. L’Ecosse sera pour certains le premier contre-sommet. Ann, une militante britannique aguerrie, est venue apporter son concours. Elle a préparé des jeux de rôle permettant à chacun d’évaluer sa mobilité corporelle, de courir avec des instruments, d’estimer la dangerosité et l’efficacité d’une action, et de permettre une prise de décision rapide. Avant de partir pour une action directe et non violente, il est prévu que de petites unités, dites « groupes affinitaires », se constituent : au sein d’une batucada, quatre ou cinq personnes veilleront les unes sur les autres. Ann insiste sur la nécessaire prise en compte des réactions de chacun, la peur ou l’incompréhension, face à certaines situations. Paco, un militant espagnol, ne veut « surtout pas tenter de passer une ligne de police ». Il lui est arrivé, à Gênes, d’éprouver une peur panique devant les canons à eau et les gaz lacrymogènes. Personne ne prétend envisager l’éventuelle confrontation le sourire aux lèvres, mais « pour être efficace, on apprend à contrôler cette peur », résume Lena, une autre militante. Laure Simon