L'emploi ne protège plus de l'exclusion

©2006 20 minutes

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Le travail, nouvelle voie vers la précarité

Selon l'Insee en 2005, 1,2 million de Français vivaient sous le seuil de pauvreté, défini à 50 % du niveau de vie médian, alors qu'ils avaient exercé un emploi pendant au moins un mois

Soit 200 000 de plus qu'en 2000

Si l'on retient le seuil de pauvreté européen (fixé à 60 %), le nombre de travailleurs pauvres atteint 3,5 millions

Sans surprise, le taux de pauvreté des salariés en contrats temporaires (CDD, stage, intérim et emploi aidé) reste trois fois plus élevé que pour la moyenne des employés

Principales victimes du sous-emploi, les femmes

Elles sont quatre fois plus nombreuses que les hommes à être embauchées à temps partiel, alors que 29 % d'entre elles souhaiteraient travailler davantage

Pour Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités, « l'explosion du travail pauvre est due à la recrudescence des emplois à temps partiel depuis vingt ans »

Du coup, travailler rapporte parfois moins que les aides sociales touchées en période d'inactivité

« La diminution des salaires, conjuguée à la hausse considérable des loyers, prend en tenaille une partie de la population », poursuit-il

Résultat : un quart des adultes hébergés aujourd'hui par les cités du Secours catholique travaillent au sein d'une administration ou d'une entreprise, parfois en CDI

Les rangs des travailleurs pauvres ne cessent de grossir, jusque sur les trottoirs

Laure de Charette

diplôme Selon l'Insee, 4,9 % des détenteurs d'un diplôme attestant d'un niveau bac + 3, 4 ou 5 sont en situation de sous-emploi, contre 3,6 % des personnes ayant un bac + 2 en poche.