Sarkozy tourne autour d'un quota immigration

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Retour à une politique dure d’immigration. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a demandé hier que le gouvernement et le Parlement fixent « chaque année, catégorie par catégorie, le nombre de personnes admises à s’installer sur le territoire ». Cette sortie, formulée lors de la convention de l’UMP sur l’immigration à l’Assemblée pourrait sonner, même s’il ne prononce pas le mot, le retour du débat des quotas, idée déjà proposée par Charles Pasqua en 1991. Le président de l’UMP a déclaré qu’il fallait « choisir les flux migratoires, et non pas les subir ». Et a cité, à titre d’exemple, la gestion de l’immigration au Canada, en Grande-Bretagne et en Suisse. Il a également précisé quels immigrés étaient les bienvenus : « les travailleurs qualifiés, les créateurs d’entreprises, les chercheurs et les professeurs d’université ». Le système de « points à la canadienne », favorisant les candidats correspondant aux besoins du pays, a aussi été évoqué comme un modèle possible. Autre volet de cette politique, un objectif de hausse de 50 % des reconduites à la frontière de clandestins, dès 2005. Selon le ministre de l’Intérieur, les reconduites effectives à la frontière ont déjà augmenté de 72 % entre 2002 et 2004. Nicolas Sarkozy a aussi indiqué vouloir « mettre un terme les mois prochains aux détournements de procédure, aux mariages blancs, à l’aide médicale d’Etat ». Il a en outre déclaré qu’il fallait être « plus rigoureux sur l’appréciation des conditions de revenus, de logement, d’intégration » préalables au regroupement familial. Par ailleurs, Dominique de Villepin, installe aujourd’hui le comité interministériel de contrôle de l’immigration qui est chargé de mieux lutter contre l’immigration clandestine. En janvier, le Premier ministre s’était rapproché de l’idée de Nicolas Sarkozy d’instaurer un système de quotas d’immigrés. Arnaud Sagnard

tensions Hier, les débats de la convention de l’UMP sur l’immigration ont été houleux. « Il ne faut pas rêver. Vouloir intégrer les musulmans, c’est une chimère : la religion musulmane est totalement antagoniste avec la religion chrétienne », a lancé un militant. « Je ne sais pas dans quel parti je suis ! », a rétorqué un autre, d’origine maghrébine. Abderrahmane Dahmane, secrétaire national, a déclenché des « non, non » quand il a suggéré de « régulariser une partie des clandestins ».