Docteur Pelloux et mister médias

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On aime ou on n’aime pas. Dans le monde des urgences hospitalières, réuni depuis hier en congrès à Paris, Patrick Pelloux ne laisse pas indifférent. Président depuis 1998 de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf), il a défendu sur toutes les chaînes de télévision les revendications sociales des professionnels des urgences. Rendu célèbre par son cri d’alarme lancé en pleine canicule de l’été 2003, ce praticien à l’hôpital Saint-Antoine de Paris séduit autant qu’il agace ses confrères. « Patrick Pelloux est incontournable », s’exclame un médecin urgentiste bordelais. « Il a fait énormément pour les praticiens urgentistes, notamment lors des grèves de 2000. Mais son caractère peut déranger », ajoute ce confrère. Sur les plateaux de télé, Patrick Pelloux n’hésite pas à se prononcer sur des questions publiques étrangères au domaine hospitalier. « Il est plus charismatique et médiatique que médecin », regrette Mathias Allary, urgentiste à Roanne, pour qui Patrick Pelloux « sort de son rôle de représentant syndical lorsqu’il se prononce pour le “non” à la Constitution européenne ». La médiatisation de Patrick Pelloux n’inquiète pourtant pas outre mesure les autres syndicats, bien conscients de sa force médiatique. « La personnalité de Patrick Pelloux ne nous pose pas de problèmes, dès lors que le ministère continue à nous consulter régulièrement », explique François Stierlé, président du Syndicat des urgences hospitalières. Ses supporteurs – ils sont nombreux – défendent en tout cas l’image d’un Patrick Pelloux sincère et engagé. « C’est un homme qui a des idées et qui a décidé de les défendre. Le soupçonner de carriérisme est un procès d’intention totalement gratuit », soutient Pierre Poles, délégué régional Rhône-Alpes de l’Amuhf. Jonathan Barbier

congrès  Urgences 2005 réunit  jusqu’à demain à Paris 5 000 professionnels des urgences qui aborderont notamment la prise  en charge des détresses ventilatoires et cérébrales.