Le CPE met le feu à l'Assemblée

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La bataille a commencé entre députés

Une semaine avant la journée de mobilisation syndicale et étudiante, l'Assemblée a entamé hier l'examen du contrat première embauche dans une ambiance survoltée

Mesure phare du projet de loi gouvernemental sur l'égalité des chances, le CPE – réservé aux moins de 26 ans, avec une période d'essai de deux ans pendant laquelle le salarié peut être licencié sans motif – est qualifié de « contrat de précarité » par l'opposition

Hier, s'adressant au Premier ministre présent dans l'hémicycle, le Parti socialiste a sonné la charge

« Pour vous, le seul adversaire, c'est le Code du travail, le modèle social français », a tonné Henri Emmanuelli

« Nous vous demandons de retirer ce projet inspiré par le xixe siècle », a renchéri son collègue Christian Paul

Dominique de Villepin a répondu en raillant les positions du PS qualifiées de « vieilles lunes » et de « vieilles recettes d'hier »

Jean-Louis Borloo, le ministre de la Cohésion sociale, a lui aussi reproché à l'opposition de ne pas évoluer, alors que « le monde entier bouge »

S'appuyant sur les émeutes de l'automne, il a présenté le CPE comme une réponse aux « cris de détresse de ceux qui ne voient pas d'issue au mal-être de leur vie »

« On peut retourner le problème dans tous les sens, le CPE vaut mieux que toutes les formules à durée déterminée aujourd'hui proposées », a ajouté Jean-Louis Borloo

En marge des débats parlementaires, la CGT a organisé hier une première « journée d'action pour l'emploi »

Un bilan en demi-teinte, avec quelques milliers de manifestants dans le pays, dont beaucoup de jeunes

Bastien Bonnefous

jeunes Lycéens et étudiants ont organisé des actions dans plusieurs villes hier, sans vraiment mobiliser. Si les étudiants sortent de partiels, les lycéens sont eux encore amers après l'échec du mouvement contre la loi Fillon l'hiver dernier.