Chemin de croix pour se payer un toit

©2006 20 minutes

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Le rapport de la Fondation Abbé Pierre, rendu public aujourd'hui, est édifiant

En 2005, 3,2 millions de personnes ont connu un problème de « mal-logement »

Soit 150 000 de plus que l'an dernier

Parmi les déboutés du confort domestique, 86 000 personnes vivent dans la rue, et 150 000 au sein de dispositifs collectifs

Comment expliquer une telle précarisation ? En l'espace de six ans, le prix des appartements neufs a augmenté de 72,4 % en France, et les loyers ont connu une inflation de 72 % entre 1988 et 2002, alors que le revenu disponible des ménages n'a progressé, lui, que de 25,8 %

Autre facteur d'intensification : la redistribution des aides au logement

Avant 2000, les ménages locataires qui gagnaient quatre fois le smic y avaient droit

Aujourd'hui, seuls ceux qui gagnent moins de 2,1 fois le smic peuvent en bénéficier

Soit 3 millions de personnes en moins

Et 1,5 milliard d'euros d'économie pour l'Etat

Si bien que 47 % du salaire d'un smicard passe dans le loyer et les charges

« L'argent qui reste aux ménages pour vivre, une fois le loyer réglé, n'arrête pas de diminuer

Ils en viennent à gérer des budgets irréalistes », déplore Patrick Doutreligne, coordinateur du rapport de la Fondation Abbé Pierre

Parmi les principales victimes du mal-logement, les jeunes

« Ils ont l'âge de l'apprentissage de la précarité

Et sont au bord de la dégringolade », prévient Patrick Doutreligne

Laure de Charette

constructions D'après le rapport, il manque encore 900 000 logements. Au rythme actuel de la construction immobilière, il faudrait dix-sept ans pour résorber la crise, et offrir à chacun un toit.