Sortie de prison discrète pour les anciens d'action directe

JUSTICE Régis Schleicher va bénéficier d'une libération conditionnelle...

Vincent Vantighem

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Régis Schleicher a été arrêté en 1984.
Régis Schleicher a été arrêté en 1984. — P. CIOT / AFP

De l'association de malfaiteurs à l'association humanitaire. Régis Schleicher, ancien membre du groupe terroriste Action directe (AD), va bénéficier, ce mercredi, d'une libération conditionnelle. Condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, l'ancien animateur du mouvement armé d'extrême gauche était jusqu'alors en semi-liberté dans la région lyonnaise.

80 attentats entre 1979 et 1987

Le soir, il dormira désormais dans un petit appartement qu'il a refait lui-même plutôt qu'en prison. Le jour, il continuera à travailler à La Pierre angulaire, une association d'aide aux personnes âgées. «Aujourd'hui, tout va bien, il a tourné la page, nous confie Bernard Devert, le prêtre qui préside la structure. Mais c'est vrai que les premiers mois ont été difficiles. Il a tout de même passé vingt-cinq ans en prison... » Ses ex-comparses aussi. Auteurs de quatre-vingts attentats ou assassinats entre 1979 et 1987, ils sont presque tous sortis de prison aujourd'hui. Les cheveux blancs ont fait leur apparition. Pas les regrets.

«Ils n'ont pas renié leurs idées politiques, explique Bernard Peltier, membre du collectif Ne laissons pas faire, qui réclame leur libération. Mais ils savent bien que les choses ont changé. Alors pour retrouver un peu d'air, ils se plient aux règles.» Un travail, un logement et un chèque adressé chaque mois aux victimes. En semi-liberté depuis le 14 avril dernier, Georges Cipriani laissera ainsi 20% des 600€ qu'il va gagner en travaillant à la Banque alimentaire du Haut-Rhin, selon son avocat. «On ne parle jamais de tout ça, lâche Freddy Sarg, le président de l'association. Certains ont eu très peur qu'il arrive ici avec un couteau entre les dents. Mais, en fait, il est très sociable.»

Jean-Marc Rouillan

Dernier membre du noyau dur à être encore détenu, Jean-Marc Rouillan a bénéficié d'un régime de semi-liberté en 2007. Ce dernier a été suspendu après une interview donnée à L'Express en octobre 2008 où il laissait entendre qu'il ne regrettait pas ses actes.