Un livre met en cause la sécurité d'Air France

TRANSPORTS Et la compagnie annonce des pertes records ce mercredi…

M.P. avec agence
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STRINGER Brazil / Reuters

Presque un an après le crash du Rio-Paris dans l’océan Atlantique, un livre signé du journaliste du Figaro Fabrice Amedeo met en cause la sécurité des vols de la compagnie aérienne. Dans La Face cachée d’Air France, il écrit qu’«Air France possède une flotte d'avions ultra-moderne, des pilotes qui comptent parmi les meilleurs au monde... mais les statistiques de sécurité d'une compagnie de seconde catégorie». A en croire le site PlaneCrashInfo, la compagnie française figurait au 21e rang des compagnies les plus sûres et est tombée au 65e rang après l’accident du vol AF447 en 2009. Lufthansa et British Airways sont respectivement 5e et 6e de ce classement.

Pire, relève le journaliste, le Bureau d’archives des accidents aéronautique fait d’Air France la deuxième compagnie la plus meurtrière de l’histoire de l’aviation civile avec 1785 morts, après la russe Aeroflot. «Aujourd’hui, j’hésite à prendre un avion d’Air France», déclare même Jean-Claude Jouffroy, ancien directeur de cabinet au ministère des Transports et ancien inspecteur de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), cité dans La Face cachée d'Air France, dont les bonnes feuilles sont publiées mercredi par Libération.

Le crash de l’AF445 évitable?

Quant au crash du vol AF447, l’auteur de l’enquête relève qu’«il peut être reproché à Air France de ne pas avoir équipé ses appareils du système de pilotage de secours Buss, qui aurait peut-être pu sauver l’AF 447». Ce système aurait permis à l’avion de continuer sa route même en l’absence des informations de vol du fait du givrage des sondes Pitot. Tous les avions de Lufthansa en sont équipés depuis 2008 mais Air France a refusé, au motif qu’il n’était pas assez fiable.

De manière plus globale, l’auteur relève que la compagnie «ne s’est jamais lancée dans une analyse systémique de ses causes d’incidents» qui «l’amènerait à remettre profondément en cause les structures de son management», qu’il estime par ailleurs «déficient», où la «culture de la sanction» n’existe pas, avec des «pilotes intouchables».  Conclusion de Fabrice Amadeo: la compagnie doit conduire une «véritable révolution culturelle pour éviter un nouvel accident dont elle ne se relèverait pas».

De son côté, Air France assure que «la sécurité de la compagnie répond aux standards les plus exigeants de l'industrie aéronautique internationale». Christophe Pesanti, le porte-parole d'Alter, un syndicat minoritaire de pilotes d'Air France, dément l’absence de sanction: «trois commandants de bord ont été licenciés depuis décembre, un l'an dernier, deux il y a deux ans». La publication de ce livre intervient alors que la compagnie aérienne s'apprête à publier une perte annuelle record d’1,3 milliard d’euros pour 2009-2010, après la clôture de la bourse.