Soupçon de fraude massive dans une filiale de la SNCF

JUSTICE Une information judiciaire pour «abus de confiance» suite à une plainte de la direction de la compagnie la SeaFrance...

Avec agence

— 

Après 17 jours de grève, les officiers de Seafrance ont signé vendredi un accord avec leur direction, permettant la reprise progressive du trafic des ferries de la compagnie entre Calais et Douvres, totalement interrompu depuis le 27 février.
Après 17 jours de grève, les officiers de Seafrance ont signé vendredi un accord avec leur direction, permettant la reprise progressive du trafic des ferries de la compagnie entre Calais et Douvres, totalement interrompu depuis le 27 février. — Philippe Huguen AFP/Archives

Le parquet de Boulogne-sur-mer a ouvert une information judiciaire pour «abus de confiance», à la suite d'une plainte de la direction de la compagnie de ferries SeaFrance, qui soupçonne des fraudes dans les ventes à bord des bateaux, a indiqué dimanche le procureur de Boulogne.

Cette enquête intervient alors que la société, filiale à 100% de la SNCF, s'est placée sous procédure de sauvegarde, à la suite notamment d'une chute du trafic fret, et après des mois de conflit et de bras de fer entre direction et syndicats. «Une information judiciaire a été ouverte mi-avril suite à une plainte de la direction de SeaFrance, qui s'est constituée partie civile», a déclaré le procureur de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), Jean-Philippe Joubert.

Selon une porte-parole de la direction de SeaFrance, «de nombreuses erreurs, écarts, différences dans les comptes ont été constatés fin 2009 par le commissaire aux comptes, mandaté pour vérifier la comptabilité de l'entreprise, notamment dans les ventes effectuées à bord des bateaux».

Plainte contre X

«Cela nous a conduit a soupçonner des fraudes, et une plainte contre X a été déposée en mars par le président du directoire de SeaFrance», a expliqué la porte-parole de la compagnie de ferries. Le montant des écarts de comptes constatés «était significatif», a-t-elle précisé, sans donner plus de détails. Selon le Parisien, il concernerait «des centaines de milliers d'euros».

La compagnie SeaFrance, confrontée notamment à une chute du marché du fret, s'est placée le 16 avril sous la tutelle du tribunal de commerce de Paris, afin «d'éviter la cessation de paiement et la liquidation».

Cette procédure de sauvegarde était intervenue après une grève, qui avait paralysé les liaisons transmanches de la compagnie durant les quatre jours du week-end de Pâques. Les syndicats protestaient alors contre certaines mesures du plan de redressement, qu'ils avaient signé à contrecoeur, et qui prévoyait 482 suppressions de postes sur 1.580.