8 mai: Nicolas Sarkozy rend hommage aux «malgré nous»

POLITIQUE Le chef de l'Etat était à Colmar pour les commémorations de la Victoire alliée...

Avec agence

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J.NAEGELEN / REUTERS

Nicolas Sarkozy a célébré les 65 ans de la Victoire alliée du 8 mai 1945 ce samedi à Colmar, l'une des dernières villes françaises libérées, où il a déposé une gerbe de fleurs sur la place Rapp, en plein centre-ville, et rendu un hommage particulier aux «malgré nous».

Un discours pour rappeler leur mémoire

Dans un discours, Nicolas Sarkozy est surtout revenu sur le sort de ces Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans l'armée allemande.

«Je suis venu aujourd'hui en Alsace réparer une injustice. (...) A partir de 1942, les Alsaciens et Mosellans furent enrolés de force dans l'armée allemande. On leur mit un uniforme qui n'était pas celui du pays vers lequel allaient leur coeur et leur fidélité. On les força à agir contre leur patrie, leur serment, leur conscience», a rappelé le président.

«Les "malgré nous" ne furent pas des traitres»

«Ils furent 130.000. Trente-mille sont morts au combat, dix-mille furent portés disparus. Les "malgré nous" ne furent pas des traitres», a-t-il ajouté. «Ceux qui n'ont rien fait pour empêcher cette ignominie perpétrée contre des citoyens français ont trahi les valeurs de la France, l'ont déshonorée. Vichy a trahi la France et l'a déshonorée.»

«Il fallait qu'un Président de la République vint un jour ici pour dire aux Français ce que fut le drame de l'Alsace et de la Moselle», a affirmé Nicolas Sarkozy, rappelant que la France avait «trouvé en Alsace parmi les plus belles figures de la Résistance et le plus ardant des patriotismes».

Colmar, «lieu particulièrement emblématique de l'histoire de la libération»

Le chef de l'Etat était entouré du Premier ministre François Fillon et de quatre membres du gouvernement, Hervé Morin (ministre de la Défense), Jean-Marie Bockel (secrétaire d'Etat à la Justice), Hubert Falco (secrétaire d'Etat aux Anciens combattants) et Eric Besson (ministre de l'Immigration), ainsi que du président du Sénat Gérard Larcher. Nicolas Sarkozy a par ailleurs déposé une gerbe de fleurs au pied du monument à la gloire de la 1re Armée et à la mémoire du général de Lattre de Tassigny, le libérateur de la ville.

Depuis son élection le chef de l'Etat a souhaité localiser la cérémonie nationale commémorant la Victoire du 8 mai 1945 dans «des lieux particulièrement emblématiques de l'histoire de la libération du territoire national». Il s'était ainsi rendu à Ouistreham (Calvados) en 2008 et à Sainte-Maxime (Var) l'année passée. Colmar avait été l'une des dernières villes de France libérées, le 2 février 1945, par le général de Lattre de Tassigny.