Gel des dépenses publiques: «la vérité, c'est qu'on est au-delà de la rigueur»

REACTIONS Les déclarations des syndicats et des politiques aux annonces de François Fillon...

J. M. avec agence

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L'ancien ministre de l'Economie socialiste Michel Sapin, en juin 2009, à Paris.
L'ancien ministre de l'Economie socialiste Michel Sapin, en juin 2009, à Paris. — FACELLY/SIPA

«Pourquoi nous ne voulons pas de la rigueur? Parce que la rigueur, c'est l'augmentation des impôts et ça pourrait briser le début de reprise que nous connaissons.» Luc Chatel l'a répété ce vendredi matin sur RTL: Le gel des dépenses publiques n'est pas un plan de rigueur. Peu importe le nom qu'on voudra lui donner, l'annonce fait réagir les politiques.

«C'est une rigueur gigantesque qui est programmée et qui est devant nous»

«On est loin d'un plan de rigueur», qui «n'existe pas et qui n'existera pas», a martelé François Fillon ce vendredi en réponse à une question sur le «tabou» que représenterait l'emploi de cette expression. «De la même façon que pendant deux ans, vous avez évoqué une récession qui n'existait pas, ne refaites pas la même erreur», a lancé le Premier ministre aux journalistes.

«Il faut arrêter de jouer sur les mots», a de son côté asséné le socialiste Michel Sapin sur RTL. Car selon lui, si le mot «rigueur» n'est pas employé, «c'est parce que Nicolas Sarkozy a dit: "avec moi, il n'y aura jamais la rigueur"». Mais pour l'ancien ministre de l'Economie, «la vérité, c'est qu'on est au-delà de la rigueur, on est dans un plan d'une très grande dureté» et «c'est une rigueur gigantesque qui est programmée et qui est devant nous».

«Un coup au pouvoir d'achat des salariés, des retraités et des chômeurs»

«On ne peut pas d'un côté céder aux plus riches et ensuite demander aux plus pauvres de se serrer la ceinture», a dénoncé Cécile Duflot sur LCI. «Il y a un sentiment d'injustice profond qui se crée, et c'est inacceptable», a ajouté la secrétaire nationale des Verts, reprochant au gouvernement de s'être «privé de recettes, de façon considérable, avec le paquet fiscal, avec un certain nombre d'exonérations».

Accusant Nicolas Sarkozy d'avoir «mis les finances publiques dans un état épouvantable», Claude Bartolone a déploré sur France 2 «un nouveau tour de vis social». Le député PS a affirmé que «c'est une erreur actuellement de faire croire que l'on peut s'en sortir en donnant encore un coup au pouvoir d'achat des salariés, des retraités et des chômeurs» et que «le gouvernement devrait revenir sur les baisses fiscales qu'il a accordées pour essayer de faire face aux déficits».

«Nous sommes tous des travailleurs grecs!»

François Fillon agit «sous la pression des marchés financiers et des agences de notation qui s'inquiètent du niveau de la dette française», a déclaré Marine Le Pen dans un communiqué. La vice-présidente du Front national y voit la réponse «d'un gouvernement aux abois» qui refuse de «s'attaquer aux vrais problèmes» pour faire face à la crise. Selon elle, il faut «organiser une sortie groupée de l'euro et réengager la France sur le chemin de la croissance».

«Non seulement rien ne change, mais les choses s'aggravent», a prévenu Jean-Claude Mailly, assurant sur BFM Radio que derrière l'annonce de François Fillon se cache «un plan d'austérité» qui va provoquer «une décroissance». «On est en train de refroidir la machine économique. On n'est même pas encore sorti de la récession qu'on risque de retomber dans une décroissance», s'est expliqué le secrétaire général de FO. «On va finir par dire: nous sommes tous des travailleurs grecs!»

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