Gel des dépenses publiques: «La rigueur» d'accord, mais en respectant «l'équité sociale»

REVUE DE PRESSE Les quotidiens s'inquiètent des mesures annoncées par François Fillon...

Avec agence

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Le gouvernement va reporter d'un an l'augmentation des tarifs postaux pour la presse et doubler la part de ses dépenses de communication destinées aux journaux face à la crise, a annoncé vendredi Nicolas Sarkozy en clôturant les états généraux de la presse.
Le gouvernement va reporter d'un an l'augmentation des tarifs postaux pour la presse et doubler la part de ses dépenses de communication destinées aux journaux face à la crise, a annoncé vendredi Nicolas Sarkozy en clôturant les états généraux de la presse. — Hocine Zaourar AFP/Archives

Mesures d'austérité, «politique sérieuse» ou plan de rigueur? L'annonce du gel des dépenses publiques, mardi par François Fillon a fait réagir les éditorialistes de la presse française. Attention, Luc Chatel «a bien précisé qu'il s'agit là d'une "politique sérieuse" qui n'a rien à voir avec la rigueur», s'amuse par exemple Eric Dussart dans La Voix du Nord.

«Ce sont d'abord les dépenses sociales qui seront amputées»

«A défaut du nom, cela en a la couleur. Si François Fillon exclut toute politique de "rigueur", le gel des dépenses publiques annoncé hier signifie que l'État va se serrer la ceinture et, avec lui, les Français», ironise également Chantal Didier dans l'Est Républicain. Alors que Francis Brochet du Progrès observe que «la différence entre le gel et la rigueur, nous a expliqué Monsieur Chatel, c'est qu'il n'y aura pas d'augmentation massive des impôts. Toute la subtilité, on le devine, est dans la définition de l'adjectif "massive"».

Carrément pessimiste, Patrick Apel-Muller de L'Humanité est certain que «le scénario grec a été choisi par le gouvernement français pour tondre les Français» et que «ce sont d'abord les dépenses sociales qui seront amputées» et surtout «pas ce fameux bouclier dont la droite a fait sa gloire et les grandes fortunes leur beurre.»

«Equité sociale»

«Mettre de la rigueur, au sens rigoureux du mot, là où elle avait fini par manquer, devrait suffire pour parer à l'urgence», espère François Ernenwein de La Croix tout en souhaitant que les réformes «soient équitables, accompagnées d'un contrôle renforcé des marchés financiers et d'une politique des revenus cohérente.»

Même son de cloche dans La République des Pyrénées, où Jean-Michel Helvig note que Luc Chatel «a assuré que "tout le monde sera touché"», et attend qu'au nom de «l'équité sociale (...) certains soient quand même plus touchés que d'autres.»

«Fillon prend le risque d’alerter les marchés»

Sous le titre «La rigueur, enfin!» Gaetan de Capèle dans Le Figaro se réjouit franchement et affirme «qu'il s'agit, plus simplement et sans drame de remettre de l'ordre dans les comptes de la maison France tant que des marges de manoeuvres existent».

Mais Paul Quinio de Libération estime que «le pari de l’austérité de François Fillon est à double tranchant» et qu'«à vouloir prévenir le pire, Fillon prend le risque d’alerter les marchés.»