Les apéros Facebook prennent des coups

SOCIETE Les préfectures mettent en garde contre les risques de débordements...

Lucie Soullier

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La génération 2.0 sonne l’heure de l’apéro. Sur Facebook, des milliers de personnes s’inscrivent aux «apéros géants». Des rassemblements qui inquiètent les autorités, débordées par l’ampleur du phénomène. Jeudi, la préfecture de Loire-Atlantique a mis en garde les organisateurs de l’événement nantais prévu le 12 mai, qui compte déjà 12.000 inscrits.

 

«Quand ça emmerde les autorités, ça attire»

 

Lors du rendez-vous précédent, 3.000 fêtards avaient répondu à l’appel. Bilan: près de 50 comas éthyliques et des personnes repêchées dans la Loire. Sans compter la facture. La ville de Rennes, par exemple, a porté plainte contre X, hier, réclamant 5.000 € pour les frais de sécurité et de nettoyage engendrés par un apéro organisé le 25 mars.

Autre exemple: à Montpellier, le préfet a interdit le rassemblement du 12 mai. En cause: les risques pour la sécurité sanitaire et l’ordre public. Une «mauvaise méthode», selon Emmanuel Raynaud, secrétaire régional des Verts-Europe Ecologie. «Ils viendront quand même.» Les hésitations des autorités sont naturelles, selon Jean-Christophe Sevin, sociologue à l’Ecole des hautes études de sciences sociales.

Les apéros Facebook n’entrent dans aucune catégorie, comme les raves avant eux. Et la comparaison ne s’arrête pas là. La force de rassemblement est similaire, sans intermédiaire. Et surtout, sans l’Etat. Evidemment, quand ça emmerde les autorités, ça attire», souligne Jean- Christophe Sevin. Quant à savoir si ce n’est qu’une mode… «Les free parties cela fait vingt ans que ça dure.» Mais les teufeurs partagent une culture musicale. Alors que les mobilisations Facebook ne sont basées que sur une volonté d’être ensemble. «C’est plus que des beuveries géantes, défend Emmanuel Raynaud. Cela peut amener des discussions politiques.

 

Trinquer par Webcams interposées

 

Difficile, en tout cas, d’arrêter ceux qui ont décidé de trinquer. A Caen, ils étaient près de 2.000, le 8 avril, à braver l’interdiction. Les convocations au commissariat des administrateurs des groupes Facebook, quand il y en a, en refroidissent tout de même certains.

Face aux risques, l’un d’eux, Nouredine Azzouk s’est mis en relation avec la mairie de Marseille. En échange d’une autorisation, il s’est engagé à encadrer l’événement avec des bénévoles. Et si les interdictions se poursuivent, les internautes ont trouvé la parade avec «ToRoulette». Le principe: trinquer par Webcams interposées. Mais impossible de payer sa tournée