Le corbeau et la romanée-conti

I. G.

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L'histoire, qui se déroule dans l'un des domaines viticoles les plus réputés du monde, est digne d'un bon polar. En janvier, les gérants de la Romanée-Conti reçoivent une lettre signée d'un certain Martin, bientôt suivie d'une deuxième, accompagnée d'un plan très précis des vignes. « Il indiquait qu'il s'en prendrait aux ceps si l'on ne versait pas un million d'euros », raconte Aubert de Vilaine,

cogérant. Le plan indique deux pieds déjà touchés. La police judiciaire est avertie. « Nous avons répondu au corbeau que nous devions obtenir l'autorisation de l'assemblée générale pour réunir la somme. Le ton de la lettre suivante est devenu plus bonhomme. Mais, à ce stade, nous étions tout de même inquiets, il s'agissait peut-être d'une bande organisée ». Une remise de rançon fictive est plannifiée dans un cimetière. « C'est quelqu'un de chez nous qui, sous surveillance, lui a donné la valise ». Sitôt en possession de la fausse rançon, l'individu est interpelé. Les gérants, qui n'avaient jamais vu cet homme, apprendront que ce repris de justice avait, dans sa jeunesse, fait des études viticoles.